30.12.2014, 06:51
Son œuvre [à Tolkien] commence doucement à dépasser le simple succès d’estime, mais sans pour autant être vraiment connue ailleurs qu’en Grande-Bretagne.
Ce passage est pas mal non plus. Je viens de franchir le cap du quart de siècle d'existence il y a quelques semaines et je n'ai pas connu l'époque dont parle Francis Valéry. Par contre, je suis un fan de Tolkien, je n'en suis pas un spécialiste, et je constate, notamment par ce site, que la communauté française n'est pas en reste concernant la connaissance de J. R. R. Tolkien. Que, du reste, les "spécialistes" de l'oeuvre ne sont pas le moins du monde fermés pour débattre et parler avec des "fans anonymes" (si j'ose dire), dans la mesure de leur disponibilité et des occasions qui se présentent (bien sûr !).
C'est une attitude assez bizarre que celle de Francis Valéry et c'est presque comme s'il reprochait aux fans de ce début du XXIe siècle d'avoir confisquer quelque chose à quelqu'un. Je n'ai pas connu Tolkien par les films, mais par les livres et je pense que les lecteurs qui lisent aujourd'hui l'intégralité des textes en français restent peu nombreux (malgré les émissions sur France Culture et sur Arte, peut-être pas la radio et la chaîne les plus écoutée et regardée). De plus, pour nuancer son propos : la difficulté des textes de l'Histoire de la Terre du Milieu n'incite pas forcément de jeunes lecteurs à les lire.
Après, Francis Valéry est assez contradictoire parce qu'il affirme, en ce qui concerne Tolkien, [que] la critique ne s’est jamais beaucoup intéressé à lui. Jusqu’au milieu des années soixante, Tolkien est un écrivain marginal. Peut-être, mais Le Hobbit avait déjà des fans sinon Le Seigneur des Anneaux ne seraient peut-être jamais paru puisque les lecteurs voulaient une suite. De plus s'il parle de la critique universitaire, il faut aussi voir les oeuvres de Tolkien connues du grand public (très peu dans les années 60). Le travail de C. Tolkien stimule aussi l'envie d'étudier, de manière plus globale, l'oeuvre de J. R. R. Tolkien. Les films de P. Jackson permettent de faire connaître l'oeuvre, mais sa trilogie sur Le Hobbit n'aide pas forcément dans le bon sens. A partir du moment où lire un auteur de manière plus profonde nécessite d'avoir des clefs de lecture, c'est là que les universitaires interviennent et font un excellent travail de vulgarisation (notamment Vincent Ferré qui semble être une cible de Francis Valéry, même s'il ne le dit pas dans son interview).
Alors, pour moi, que quarante après sa mort, certaines élites autoproclamées (...) dissertent de lui sur France-Culture et sur Arte, ou dans des colloques universitaires, c'est bon signe. Cela veut aussi dire que si Tolkien a parlé à la génération de la fin des années 60, il a su se faire apprécier par d'autres générations par la suite. Il parle aux gens, souvent sans distinction d'âge, et c'est une grande réussite. Que des universitaires s'emparent donc de son oeuvre pour l'étudier, j'en suis très content, car cela me permet d'apprendre des choses. Peut-être suis-je aidé par mon niveau d'étude ? Mais, en même temps, je me dis que quelqu'un qui est "fan", quelque soit sa condition sociale et son niveau scolaire, cherchera à en savoir plus, à approfondir sa connaissance. Il n'est pas besoin d'être linguiste pour lire Tolkien, même s'il n'est pas forcément accessible à des enfants. Tolkien parle à des millions de gens, encore aujourd'hui, donc nécessairement aussi à des universitaires.
D'autant plus qu'après avoir déversé son fiel, Francis Valéry reconnaît quand même que Tolkien est sans doute toujours lu avec passion. Il trouve même plutôt bien que de nouvelles traductions sortent de temps en temps. Mais bon, ce sont "certaines élites autoproclamées", comme il dit, qui font aussi vivre la recherche et l'étude de Tolkien. Le dernier livre de Vincent Ferré, Lire J. R. R. Tolkien (2014), est accessible et intéressant (il est écrit par un universitaire et d'un certain côté, par un critique littéraire !). C'est vrai qu'il est catalogué, dans les médias, comme "le" spécialiste de Tolkien. C'est lui qui est l'auteur de Tolkien : sur les rivages de la Terre du Milieu (2001), première étude sur l'oeuvre que j'ai lu. En même temps, c'est toujours bien (de mon point de vue) que quelqu'un qui rend abordable une oeuvre complexe comme celle de Tolkien, qui l'étudie de manière universitaire (et donc évite les erreurs d'appréciations et les approximations), puisse avoir un accès aux médias. C'est un bon moyen d'amener les gens à lire les livres. Les préjugés sur Tolkien ont la vie dure et comme pour tout les auteurs, c'est l'étude approfondie qui permet d'entrer dans les détails de l'oeuvre et dans sa richesse.
Ce passage est pas mal non plus. Je viens de franchir le cap du quart de siècle d'existence il y a quelques semaines et je n'ai pas connu l'époque dont parle Francis Valéry. Par contre, je suis un fan de Tolkien, je n'en suis pas un spécialiste, et je constate, notamment par ce site, que la communauté française n'est pas en reste concernant la connaissance de J. R. R. Tolkien. Que, du reste, les "spécialistes" de l'oeuvre ne sont pas le moins du monde fermés pour débattre et parler avec des "fans anonymes" (si j'ose dire), dans la mesure de leur disponibilité et des occasions qui se présentent (bien sûr !).
C'est une attitude assez bizarre que celle de Francis Valéry et c'est presque comme s'il reprochait aux fans de ce début du XXIe siècle d'avoir confisquer quelque chose à quelqu'un. Je n'ai pas connu Tolkien par les films, mais par les livres et je pense que les lecteurs qui lisent aujourd'hui l'intégralité des textes en français restent peu nombreux (malgré les émissions sur France Culture et sur Arte, peut-être pas la radio et la chaîne les plus écoutée et regardée). De plus, pour nuancer son propos : la difficulté des textes de l'Histoire de la Terre du Milieu n'incite pas forcément de jeunes lecteurs à les lire.
Après, Francis Valéry est assez contradictoire parce qu'il affirme, en ce qui concerne Tolkien, [que] la critique ne s’est jamais beaucoup intéressé à lui. Jusqu’au milieu des années soixante, Tolkien est un écrivain marginal. Peut-être, mais Le Hobbit avait déjà des fans sinon Le Seigneur des Anneaux ne seraient peut-être jamais paru puisque les lecteurs voulaient une suite. De plus s'il parle de la critique universitaire, il faut aussi voir les oeuvres de Tolkien connues du grand public (très peu dans les années 60). Le travail de C. Tolkien stimule aussi l'envie d'étudier, de manière plus globale, l'oeuvre de J. R. R. Tolkien. Les films de P. Jackson permettent de faire connaître l'oeuvre, mais sa trilogie sur Le Hobbit n'aide pas forcément dans le bon sens. A partir du moment où lire un auteur de manière plus profonde nécessite d'avoir des clefs de lecture, c'est là que les universitaires interviennent et font un excellent travail de vulgarisation (notamment Vincent Ferré qui semble être une cible de Francis Valéry, même s'il ne le dit pas dans son interview).
Alors, pour moi, que quarante après sa mort, certaines élites autoproclamées (...) dissertent de lui sur France-Culture et sur Arte, ou dans des colloques universitaires, c'est bon signe. Cela veut aussi dire que si Tolkien a parlé à la génération de la fin des années 60, il a su se faire apprécier par d'autres générations par la suite. Il parle aux gens, souvent sans distinction d'âge, et c'est une grande réussite. Que des universitaires s'emparent donc de son oeuvre pour l'étudier, j'en suis très content, car cela me permet d'apprendre des choses. Peut-être suis-je aidé par mon niveau d'étude ? Mais, en même temps, je me dis que quelqu'un qui est "fan", quelque soit sa condition sociale et son niveau scolaire, cherchera à en savoir plus, à approfondir sa connaissance. Il n'est pas besoin d'être linguiste pour lire Tolkien, même s'il n'est pas forcément accessible à des enfants. Tolkien parle à des millions de gens, encore aujourd'hui, donc nécessairement aussi à des universitaires.
D'autant plus qu'après avoir déversé son fiel, Francis Valéry reconnaît quand même que Tolkien est sans doute toujours lu avec passion. Il trouve même plutôt bien que de nouvelles traductions sortent de temps en temps. Mais bon, ce sont "certaines élites autoproclamées", comme il dit, qui font aussi vivre la recherche et l'étude de Tolkien. Le dernier livre de Vincent Ferré, Lire J. R. R. Tolkien (2014), est accessible et intéressant (il est écrit par un universitaire et d'un certain côté, par un critique littéraire !). C'est vrai qu'il est catalogué, dans les médias, comme "le" spécialiste de Tolkien. C'est lui qui est l'auteur de Tolkien : sur les rivages de la Terre du Milieu (2001), première étude sur l'oeuvre que j'ai lu. En même temps, c'est toujours bien (de mon point de vue) que quelqu'un qui rend abordable une oeuvre complexe comme celle de Tolkien, qui l'étudie de manière universitaire (et donc évite les erreurs d'appréciations et les approximations), puisse avoir un accès aux médias. C'est un bon moyen d'amener les gens à lire les livres. Les préjugés sur Tolkien ont la vie dure et comme pour tout les auteurs, c'est l'étude approfondie qui permet d'entrer dans les détails de l'oeuvre et dans sa richesse.
La Fantaisie commence, bien sûr, avec un avantage : en saisissant l'étrangeté. Tolkien, Faërie