31.03.2005, 19:13
Alors : soit on prends tous les textes de Tolkien, soit seulement ceux qu'il publiés de son vivant. Il est plus intéressant de prendre en compte la totalité des écrits de Tolkien.
Oui, cet ensemble, peut paraître de prime abord contradictoire.
On établira un axiome : plus un texte est récent, proche de 1973, plus il contient des informations reflétant la « réalité vraie » du monde imaginaire.
Tolkien annotait souvent, des années plus tard, ses brouillons, en précisant par exemple quils contenaient des indications « inexactes ». Cest ce quil écrivit sur sa première carte pour illustrer le Lord of the Rings : « It is incomplete and much is missed out » (TI, p. 321). Il ne jetta pas cette carte à la poubelle!
Tolkien ne jeta au cours de sa vie que très peu de ses manuscrits ou brouillons, fussent-ils une simple enveloppe usagée. Tous étaient des éléments constitutifs, des facettes, plus ou moins exactes, plus ou moins travaillées, de son monde imaginaire. Cest cette approche que est la plus proche de l'attitude de Tolkien envers son travail. Sinon, il ne faut même pas songer à parler de Maiar, car ce terme n'apparait dans aucun écrit publié du vivant de Tolkien.
Ainsi, s'il faut bien retenir comme la version la plus proche de la « vérité » historique lhistoire de Galadriel décrite dans la lettre nº 353 et datée daoût 1973.
Cette princesse aurait quitté lEldamar dans une nef, probablement en compagnie du Teler Teleporno (plus tard connu comme Celeborn), son mari, et non avec les autres Ñoldor. Elle na donc pas dirigé la traversée de la Helcaraxë. Cependant, les autres versions du corpus, en contradiction avec cette lettre, ne sont pas évacuées, comme par exemple le texte du Silmarillion ; elles sont jugées moins fidèles à la « vérité » historique, mais néanmoins intéressantes ; reste à savoir qui a composé ces versions et quand (dans la vision interne des textes). Le cadre du Silmarillion est Humain, nous apprend Tolkien dans une lettre de juillet 1971 (nº 325). Il est composé dun ensemble de récits rassemblés par des érudits númenóréens amalgamés aux traditions des Sindar et divers autres Elfes Réfractaires qui nont jamais quitté la Terre du Milieu. Lhostilité des Sindar de Doriath envers les Ñoldor en Exil est bien attestée et expliquerait le fait que Galadriel fut dépeinte dans le Silmarillion comme ayant participé à la révolte des Ñoldor aux côtés des Fëanoriens, alors quen fait, elle fut toujours en opposition avec Fëanor.
Un autre exemple est la bataille de Gondolin. La seule description détaillée de cette bataille figure dans un texte composé entre la fin de 1916 et les premiers mois de 1917, « The Fall of Gondolin ». Il faudrait ignorer ce texte sous prétexte quil serait ancien et donc « rejeté ». Rejeté ? Mais quand ? Tolkien l'a t il jeté ? Non. Il l'a gardé.
Nous possédons une vision complète de cette bataille titanesque uniquement daprès les traditions du Livre des contes perdus. Si cette tradition recèle des contradictions avec les autres écrits du corpus, comme la Quenta Silmarillion, et bien cest tant mieux ! Elles forment un ensemble de points de vue. Ce qui nous importe cest la source interne. Le Livre des contes perdus représente le point de vue dun Anglo-Saxon du Moyen Âge, Eriol. Les centaines de Balrogs attaquant Gondolin dans cette tradition pourraient être dues à une exagération épique dEriol, du conteur, dun copiste ou remonter à la confusion entre les mots Balrog et Boldog dans un ancien manuscrit. En effet, les Boldogs sont aussi des créatures maléfiques de Melkor mais de moindre puissance que les Balrogs et existaient en plus grand nombre. Il na existé que trois, tout au plus sept Balrogs (MR, p. 80).
Dans les légendes grecques on constate ce type de dissimilitudes, par exemple Acrisois, père de Danaé, qui donna naissance à Persée, épousa, selon Phrérécyde, Eurydiké, fille de Lakédaimon, mais Sparté, fille dEurotas, selon Apollodore.
Alors quoi vous n'avez jamais lu une encyclopédie arthurienne ? Le chavalier machin à trois pères différents et a des aventures différentes suivant les auteurs. Et quoi il faudrait allez en chercher la "bonne", la "juste" et jeter les autres aventures ? Ce serait dimmage.
Tolkien a composé un monde très complexe et c'est l'ensemble de ces écrits qui forme notre SEULE ET UNIQUE "fenêtre" sur ce Monde Secondaire. Le choix n'est pas dans ce qu'il faut garder mais comment les RE-garder les uns par rapport aux autres.
Dire que Tolkien n'a pas publié ceci ou cela de son vivant = pas bon, beurk. Ok. Mais alors exit le 1et âge. Exit CLI. Exit la carte de Numenor, exit l'histoire de Beren et Lúthien, etc. Interdiction d'en parler.
C'est à mon avis, bien plus "amusant" de parler de ce monde avec celui qui l'a imaginé et il nous en parle dans l'ensemble de ses écrits.
Ou alors, il va falloir aussi que 98% de nos conaissances sur les langues elfiques disparaissent des forums et des dictionnaires.
bonne journée,
Edouard Kloczko
Oui, cet ensemble, peut paraître de prime abord contradictoire.
On établira un axiome : plus un texte est récent, proche de 1973, plus il contient des informations reflétant la « réalité vraie » du monde imaginaire.
Tolkien annotait souvent, des années plus tard, ses brouillons, en précisant par exemple quils contenaient des indications « inexactes ». Cest ce quil écrivit sur sa première carte pour illustrer le Lord of the Rings : « It is incomplete and much is missed out » (TI, p. 321). Il ne jetta pas cette carte à la poubelle!
Tolkien ne jeta au cours de sa vie que très peu de ses manuscrits ou brouillons, fussent-ils une simple enveloppe usagée. Tous étaient des éléments constitutifs, des facettes, plus ou moins exactes, plus ou moins travaillées, de son monde imaginaire. Cest cette approche que est la plus proche de l'attitude de Tolkien envers son travail. Sinon, il ne faut même pas songer à parler de Maiar, car ce terme n'apparait dans aucun écrit publié du vivant de Tolkien.
Ainsi, s'il faut bien retenir comme la version la plus proche de la « vérité » historique lhistoire de Galadriel décrite dans la lettre nº 353 et datée daoût 1973.
Cette princesse aurait quitté lEldamar dans une nef, probablement en compagnie du Teler Teleporno (plus tard connu comme Celeborn), son mari, et non avec les autres Ñoldor. Elle na donc pas dirigé la traversée de la Helcaraxë. Cependant, les autres versions du corpus, en contradiction avec cette lettre, ne sont pas évacuées, comme par exemple le texte du Silmarillion ; elles sont jugées moins fidèles à la « vérité » historique, mais néanmoins intéressantes ; reste à savoir qui a composé ces versions et quand (dans la vision interne des textes). Le cadre du Silmarillion est Humain, nous apprend Tolkien dans une lettre de juillet 1971 (nº 325). Il est composé dun ensemble de récits rassemblés par des érudits númenóréens amalgamés aux traditions des Sindar et divers autres Elfes Réfractaires qui nont jamais quitté la Terre du Milieu. Lhostilité des Sindar de Doriath envers les Ñoldor en Exil est bien attestée et expliquerait le fait que Galadriel fut dépeinte dans le Silmarillion comme ayant participé à la révolte des Ñoldor aux côtés des Fëanoriens, alors quen fait, elle fut toujours en opposition avec Fëanor.
Un autre exemple est la bataille de Gondolin. La seule description détaillée de cette bataille figure dans un texte composé entre la fin de 1916 et les premiers mois de 1917, « The Fall of Gondolin ». Il faudrait ignorer ce texte sous prétexte quil serait ancien et donc « rejeté ». Rejeté ? Mais quand ? Tolkien l'a t il jeté ? Non. Il l'a gardé.
Nous possédons une vision complète de cette bataille titanesque uniquement daprès les traditions du Livre des contes perdus. Si cette tradition recèle des contradictions avec les autres écrits du corpus, comme la Quenta Silmarillion, et bien cest tant mieux ! Elles forment un ensemble de points de vue. Ce qui nous importe cest la source interne. Le Livre des contes perdus représente le point de vue dun Anglo-Saxon du Moyen Âge, Eriol. Les centaines de Balrogs attaquant Gondolin dans cette tradition pourraient être dues à une exagération épique dEriol, du conteur, dun copiste ou remonter à la confusion entre les mots Balrog et Boldog dans un ancien manuscrit. En effet, les Boldogs sont aussi des créatures maléfiques de Melkor mais de moindre puissance que les Balrogs et existaient en plus grand nombre. Il na existé que trois, tout au plus sept Balrogs (MR, p. 80).
Dans les légendes grecques on constate ce type de dissimilitudes, par exemple Acrisois, père de Danaé, qui donna naissance à Persée, épousa, selon Phrérécyde, Eurydiké, fille de Lakédaimon, mais Sparté, fille dEurotas, selon Apollodore.
Alors quoi vous n'avez jamais lu une encyclopédie arthurienne ? Le chavalier machin à trois pères différents et a des aventures différentes suivant les auteurs. Et quoi il faudrait allez en chercher la "bonne", la "juste" et jeter les autres aventures ? Ce serait dimmage.
Tolkien a composé un monde très complexe et c'est l'ensemble de ces écrits qui forme notre SEULE ET UNIQUE "fenêtre" sur ce Monde Secondaire. Le choix n'est pas dans ce qu'il faut garder mais comment les RE-garder les uns par rapport aux autres.
Dire que Tolkien n'a pas publié ceci ou cela de son vivant = pas bon, beurk. Ok. Mais alors exit le 1et âge. Exit CLI. Exit la carte de Numenor, exit l'histoire de Beren et Lúthien, etc. Interdiction d'en parler.
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C'est à mon avis, bien plus "amusant" de parler de ce monde avec celui qui l'a imaginé et il nous en parle dans l'ensemble de ses écrits.
Ou alors, il va falloir aussi que 98% de nos conaissances sur les langues elfiques disparaissent des forums et des dictionnaires.
bonne journée,
Edouard Kloczko