Hier, 00:58
(Modification du message : Hier, 00:59 par Chiara Cadrich.)
Tarthenor multiplia les ruses de rôdeur, quittant le chemin lorsque c’était possible, effaçant leurs traces, traversant des cours d’eau. Il fit forcer l’étape aux deux Dames pour les mettre en sécurité, et ce ne fut qu’au crépuscule qu’il consentit à installer le campement.
Mais à mesure que la charrette avait progressé sur les chemins défoncés, le visage d'Arweneth s’était mué en un masque de cire. Ses forces l’avaient trahie ; elle s’était allongée, prise de fièvres et sans un mot, sur le plancher de la carriole.
Melthril, navrée de n’avoir pas assez fait attention à sa commère tandis qu’elle conduisait la carriole, examina la malade. Ouvrant à nouveau sa pharmacopée, elle constata avec une horreur impuissante que les chairs autour de la blessure avaient viré au noir. La flèche qui avait blessé Arweneth était empoisonnée du venin de l'Ennemi.
Malgré les soins désespérés de sa fidèle compagne et les paroles d’encouragement de Tarthenor, l’énergique lavandière, en vérité la dernière guerrière de l’Arnor, entra en agonie. Couchée à même l’azur et l’or de la tapisserie qu’elle avait arrachée à l'oubli, Arweneth fit preuve d’un courage digne des Númenóréennes, sans qu'une seule plainte ne franchît ses lèvres.
— Pourquoi n’avez-vous rien dit, Ô m’amie ? gémit Melthril en larmes.
— Tu le sais bien, au fond de toi : s’il avait fallu me soigner, nous aurions dû rester là-bas. Et ni toi, ni la Lice des Âges, ni ce brave et charmant jeune homme n’auriez pu vous échapper. Il le fallait. Mon seul regret est de ne pas y être enterrée..oOo.
A suivre...

