05.09.2026, 18:55
(Modification du message : 05.09.2026, 18:56 par Chiara Cadrich.)
Au bord du lac, à l’abri sous la forteresse, il y avait aussi une vieille tonnelle en bois vermoulu, dôme de quiétude végétale qui ne tenait encore debout que par une très ancienne habitude et les lacis d’églantiers et glycines qui la recouvraient. Son cœur battant à l'unisson du bourdonnement des abeilles, c’est là que la digne horticultrice prenait son repos après avoir rudement marcotté, sarclé, repiqué ou bêché. Un petit amandier, chenu et tordu, lui tenait compagnie tandis qu’elle écoutait pousser les lys et contemplait s’ouvrir les timides corolles de clématite.
Enfin l’honorable vieille dame regagnait la cour, les pans de son tablier chargés d'aromates, de racines encore terreuses et de brassées de feuilles. Melthril hélait sa commère en exhibant le butin du jour, promesse d’un repas aux saveurs de liberté.
De la forge où elle avait établi son atelier, Arweneth lui répondait en ahanant, frappant sur son enclume ou arquée sur son rabot. Elle avait déjà remplacé les planches et renforcé les ferrures des portes et volets de tous les bâtiments de la cour. A présent elle achevait de consolider les vantaux du portail avec l’ardeur méticuleuse d'un maître charpentier.
Elle interrompait son ouvrage pour répondre à sa commère en exhibant un nouvel outil, une lampe réparée, un tabouret. Car Arweneth avait suivi l’apprentissage des artisans du refuge : elle savait reforger un soc de charrue, resouder une grille, tailler tenons et mortaises ou gâcher du mortier à l’occasion. Lorsque Tarthenor autorisait un feu de forge, aucun labeur ne lui résistait.
Entre les murs de la cour, dont les béances avaient été comblées, l’air ne sentait plus la ruine calcinée, mais la sciure de bois et l’oseille fraîchement hachée. Dans la pénombre de leur refuge, elles s'endormaient enfin, du sommeil profond mais inquiet du pionnier, auquel il reste tant à faire.
Tarthenor, sa jambe lacée d’une attelle, veillait toujours près de la meurtrière.
Enfin l’honorable vieille dame regagnait la cour, les pans de son tablier chargés d'aromates, de racines encore terreuses et de brassées de feuilles. Melthril hélait sa commère en exhibant le butin du jour, promesse d’un repas aux saveurs de liberté.
De la forge où elle avait établi son atelier, Arweneth lui répondait en ahanant, frappant sur son enclume ou arquée sur son rabot. Elle avait déjà remplacé les planches et renforcé les ferrures des portes et volets de tous les bâtiments de la cour. A présent elle achevait de consolider les vantaux du portail avec l’ardeur méticuleuse d'un maître charpentier.
Elle interrompait son ouvrage pour répondre à sa commère en exhibant un nouvel outil, une lampe réparée, un tabouret. Car Arweneth avait suivi l’apprentissage des artisans du refuge : elle savait reforger un soc de charrue, resouder une grille, tailler tenons et mortaises ou gâcher du mortier à l’occasion. Lorsque Tarthenor autorisait un feu de forge, aucun labeur ne lui résistait.
Entre les murs de la cour, dont les béances avaient été comblées, l’air ne sentait plus la ruine calcinée, mais la sciure de bois et l’oseille fraîchement hachée. Dans la pénombre de leur refuge, elles s'endormaient enfin, du sommeil profond mais inquiet du pionnier, auquel il reste tant à faire.
Tarthenor, sa jambe lacée d’une attelle, veillait toujours près de la meurtrière.
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A suivre...

