05.09.2026, 01:05
(Modification du message : 05.09.2026, 01:08 par Chiara Cadrich.)
Comme chaque matin, Melthril descendit au jardin. L’escalier menait à une poterne qui s’ouvrait sur un lopin surplombant le lac. Disséminés dans l’herbe folle, des topinambours, des panais, des touffes de sauge grise, de la valériane obstinée, quelques poireaux perpétuels et de l’ail rocambole avaient monté la garde en attendant le retour du jardinier. La maraichère avait transplanté ces trouvailles, qui voisinaient à présent avec l’oseille et la ciboulette, des herbes médicinales et la camomille. Dans un magnifique damier potager, dûment délimité de galets blancs, croissait désormais tout un petit peuple multicolore, de bouquets, de semis, de hampes, de bulbes et de lianes grimpant le long d’élégants échalas.
Le mur d’enceinte, que perçait la poterne, était recouvert de lierre, de chèvrefeuille et de liseron, qui montaient à l’assaut des moellons, étouffant le trésor caché du Hirdor, son raisin doré. Melthril avait débarrassé la vigne de ses concurrents, redressé les supports de bois, élagué les bras mal venus. Seul l’automne suivant dirait si les jeunes sarments porteraient de nouvelles grappes, mais notre jardinière gardait bon espoir. Un pommier, un poirier et un prunier, vestiges du verger de jadis, docilement alignés en espalier, fournissaient de l’ombre aux groseillers et aux plantes aromatiques qui avaient subsisté. Mais Melthril avait conservé un sain éventail d’espèces sauvages dans les allées, sans parler des brassées de rhubarbe et d’orties, dont elle faisait compotes ou veloutés.
Sa visite quotidienne commençait par le petit rituel du potager : une pensée émue pour les jardins bénis de Númenor l’engloutie, avant de s’attaquer au désherbage et au binage de la rangée du jour, courges, choux, haricots ou laitues. Graine après graine, elle plantait avec une infinie délicatesse, tassant la terre comme on borde un enfant. Puis Melthril tirait quelques seaux et octroyait à chaque pousse la juste quantité d’eau, agrémentée de ses encouragements chaleureux. Enfin elle s’adonnait à son petit plaisir : humer dans l’air vif du matin, les fragrances subtiles des simples, de mauve ou d’achillée que ses mains patientes avaient soignées...
Ses parterres méticuleux dépassaient toutes ses espérances. Non, la sève n'avait pas renoncé… La maraîchère en était venue à se demander si cette terre baignée par le lac n’avait pas été ensemencée jadis par des jardiniers Elfes, du temps de leur amitié avec les Dúnedain. La reconnaissance végétale valait tous les parchemins de propriété : la terre elle-même semblait lui rendre allégeance.
Le mur d’enceinte, que perçait la poterne, était recouvert de lierre, de chèvrefeuille et de liseron, qui montaient à l’assaut des moellons, étouffant le trésor caché du Hirdor, son raisin doré. Melthril avait débarrassé la vigne de ses concurrents, redressé les supports de bois, élagué les bras mal venus. Seul l’automne suivant dirait si les jeunes sarments porteraient de nouvelles grappes, mais notre jardinière gardait bon espoir. Un pommier, un poirier et un prunier, vestiges du verger de jadis, docilement alignés en espalier, fournissaient de l’ombre aux groseillers et aux plantes aromatiques qui avaient subsisté. Mais Melthril avait conservé un sain éventail d’espèces sauvages dans les allées, sans parler des brassées de rhubarbe et d’orties, dont elle faisait compotes ou veloutés.
Sa visite quotidienne commençait par le petit rituel du potager : une pensée émue pour les jardins bénis de Númenor l’engloutie, avant de s’attaquer au désherbage et au binage de la rangée du jour, courges, choux, haricots ou laitues. Graine après graine, elle plantait avec une infinie délicatesse, tassant la terre comme on borde un enfant. Puis Melthril tirait quelques seaux et octroyait à chaque pousse la juste quantité d’eau, agrémentée de ses encouragements chaleureux. Enfin elle s’adonnait à son petit plaisir : humer dans l’air vif du matin, les fragrances subtiles des simples, de mauve ou d’achillée que ses mains patientes avaient soignées...
Ses parterres méticuleux dépassaient toutes ses espérances. Non, la sève n'avait pas renoncé… La maraîchère en était venue à se demander si cette terre baignée par le lac n’avait pas été ensemencée jadis par des jardiniers Elfes, du temps de leur amitié avec les Dúnedain. La reconnaissance végétale valait tous les parchemins de propriété : la terre elle-même semblait lui rendre allégeance.
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A suivre...

