30.08.2026, 12:36
(Modification du message : 30.08.2026, 12:38 par Chiara Cadrich.)
Merci, Tikidiki !
A suivre...
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Un grand cerf traversa la route en bombant le torse, précédant sa cour de biches et ses faons tout frissonnants. L’animal fit une pause au milieu de la voie, posa son regard fier sur les intrus, avant de bondir à la suite des siens.
Dans la stupeur de l’émerveillement, les m’amies s’étaient tues, Fier-Sabot s’était arrêté de lui-même et l’arc était retombé au côté du rôdeur.
Un ruisseau bruissait doucement au travers des taillis, répandant la joie de son chant dans les cœurs et semant dans les regards le ravissement de ses scintillements. Le ramage d’une faune multicolore emplissait l’air parfumé des promesses du printemps.
Notre équipage déboucha enfin devant le Castel. Tarthenor, seule âme tant soit peu attentives aux dangers, surveillait les alentours, prêt à tirer.
Les deux vieilles dames sentirent la ferveur de leur espoir bondir hors d’elles à la rencontre de la vieille demeure. Leurs jambes flageolantes ployaient sous l’assaut d’une émotion bourdonnante. Ecartant pour le moment toute posture d’honorable rigidité, elles durent s’appuyer au bât du baudet. Ces pierres les avaient vues naître !
Des lambeaux de souvenirs imaginés prenaient vie dans l’instant : Les murs toujours orgueilleux… la cloche du campanile égrenant les labeurs du jour… les vignes vierges ont prospéré… la porte est-elle toujours grande ouverte ? … Elles s’accroupirent sur l’herbe douce du seuil, sans plus commander à leurs membres : leur entendement tout entier, bercé par un besoin d’enfance, contemplait le berceau de leurs tout premiers rires.
L'imposante demeure des Malgwîn se dressait avec une autorité intacte. La vigne dévorait les balustrades et la mousse veloutait les soubassements, mais les tabliers de pierre et le pont levis qui franchissait le fossé supportaient encore sans faiblir le poids de la charrette. Son linteau de pourpre et d'or seulement terni par la poussière, le porche lui-même restait debout, sous lequel tant de chevaliers avaient jadis mené leurs belles juchées sur de puissants palefrois...
— Tout cela était devenu démesuré dans mon souvenir, Arweneth, chuchota Melthril en admirant les fenêtres hautes. Je m’imaginais une place forte digne des récits du temps d’Elendil. Mais nous voici dans un menu manoir aux confins des terres sauvages. Je craignais que la tâche fût trop lourde. Après tout, c’est presque mieux ! Non, je ne suis pas déçue ! Regardez, les vitraux des étages supérieurs... certains n'ont même pas été brisés. Ils captent encore la lumière du couchant.
Tarthenor eut beau manifester sa réprobation, il n’y put mais. Les m’amies s’aventurèrent dans le donjon.
.oOo.A suivre...

