02.08.2026, 00:19
(Modification du message : 03.08.2026, 00:16 par Chiara Cadrich.)
— Le monstre est peut-être au gîte ! Ne paniquons pas ! Il faut fuir !
— Mais la nuit tombe, la bête pourra nous rattraper sans difficulté !
— Nous pourrions sacrifier notre monture, la laisser en pâture et nous échapper en portant la nourriture ?
— Vous n’y pensez pas, m’amie ? Ce serait une horrible trahison pour notre brave compagnon !
— J’en ai l’âme meurtrie, crois-le bien ! Mais il nous faut sacrifier l’accessoire pour sauver l’essentiel…
Soudain, une ombre se détacha d’un pilier d’ardoises, se dressant devant elles. Les deux femmes hurlèrent, avant de brandir leurs dagues. Une silhouette de haute taille, drapée dans un manteau de serge grise, s’avança vers elles, brandissant une grande épée.
— Cessez votre tapage et ce verbiage inepte ! Folles que vous êtes !
Les deux vieilles dames tressaillirent. La voix semblait jeune, malgré son autorité. Jamais personne n’osait leur parler sur ce ton ! Leur juste indignation leur fit retrouver une part de leur contenance :
— Qui vous rend si hardi de nous alpaguer de la sorte ?
— Taisez-vous ! Vous voulez donc servir de pitance au troll qui gîte là en bas ?
La semonce fut prononcée à voix basse, mais l’argument porta : les deux dames gardèrent closes leurs lèvres prêtes à se lancer dans une aria outragée.
L’inconnu se mit à rassembler du bois mort.
— Et maintenant vous m’aidez ! En silence ! chuchota-t-il avec insistance.
Une fois réuni un impressionnant boisseau, il demanda aux vieilles dames imprudentes de rassembler encore plus de bois, puis il descendit au fond de la gorge et alluma un feu.
Arweneth le rejoignit et l’apostropha en sourdine, indignée :
— Mais c’est là folie ! Tu vas nous faire repérer !
— Silence ! souffla-t-il. Je tâche de nous sauver la vie à tous !
Une fumée âcre s’éleva ; l’inconnu alimenta en bois mort et la flamme s’éclaircit.
— Mais que fais-tu ? chuchota Arweneth.
— Je trompe la bête, répondit-il sur le même ton, avec un cynisme fatigué. Nous sommes devant son vestibule. Si le troll voit cette clarté, il croira que le soleil est encore haut et restera terré dans son antre.
— Mais le monstre va bien se rendre compte que l’heure du crépuscule est passée !
— Un troll, ça ne sait pas compter ! insista l’inconnu dans un souffle exaspéré. Et de toute façon, nous n’avons pas d’autre solution ! Aidez-moi plutôt !
— Un troll, ça ne sait pas compter ! insista l’inconnu dans un souffle exaspéré. Et de toute façon, nous n’avons pas d’autre solution ! Aidez-moi plutôt !
.oOo.
A suivre...

