28.07.2026, 01:22
(Modification du message : 28.07.2026, 01:24 par Chiara Cadrich.)
Sa commère Arweneth semblait s’être retranchée à l’arrière du chariot ; mais la ménagère en courroux ne prit pas le temps de s’en étonner et sauta à bas. Elle se mit à jeter sa mixture au museau des bêtes avec des gestes de malédiction.
La meute l’observait – narquoise, à sa façon de horde sauvage – frêle silhouette désarmée et possédée par la fureur, tenter de les asperger de sa décoction.
Et soudain l’odeur les atteignit. Une pestilence de bouc crevé, une puanteur de putois malpropre, la suffocation d’un foin moisi et brûlé sur un lit de lisier, les frappa de plein fouet.
Melthril elle-même chancela, terrassée par l’odeur et s’agrippant au bât de Fier-Sabot, qui croyait défaillir lui aussi.
La meute se débanda dans un long hurlement de ralliement.
Melthril, écœurée par ses propres mixtures, se sentit fort satisfaite d’elle-même, malgré son esprit empâté et ses sens anesthésiés. Elle rengaina la puanteur et ferma le bocal, puis câlina Fier-Sabot et le mena vers l’avant en lançant par-dessus son épaule, avec un petit sourire de triomphe modeste à l’attention de sa commère :
— Rien ne vaut une bonne fumigation contre les vilaines bêtes malpolies !
A l’arrière, Arweneth en nage essuya sa rapière pleine de sang et la rengaina. Le chef de meute gisait sur la berge, éventré d’un coup net et précis. La guerrière était trop essoufflée pour contredire sa commère ; souriant elle aussi en-dedans, elle fut heureuse de laisser à Melthril le bénéfice de ce triomphe sur le fil : « Une victoire dans une bataille obscure n’en est pas moins noble lorsque personne n’en chante les louanges. »
La meute l’observait – narquoise, à sa façon de horde sauvage – frêle silhouette désarmée et possédée par la fureur, tenter de les asperger de sa décoction.
Et soudain l’odeur les atteignit. Une pestilence de bouc crevé, une puanteur de putois malpropre, la suffocation d’un foin moisi et brûlé sur un lit de lisier, les frappa de plein fouet.
Melthril elle-même chancela, terrassée par l’odeur et s’agrippant au bât de Fier-Sabot, qui croyait défaillir lui aussi.
La meute se débanda dans un long hurlement de ralliement.
Melthril, écœurée par ses propres mixtures, se sentit fort satisfaite d’elle-même, malgré son esprit empâté et ses sens anesthésiés. Elle rengaina la puanteur et ferma le bocal, puis câlina Fier-Sabot et le mena vers l’avant en lançant par-dessus son épaule, avec un petit sourire de triomphe modeste à l’attention de sa commère :
— Rien ne vaut une bonne fumigation contre les vilaines bêtes malpolies !
A l’arrière, Arweneth en nage essuya sa rapière pleine de sang et la rengaina. Le chef de meute gisait sur la berge, éventré d’un coup net et précis. La guerrière était trop essoufflée pour contredire sa commère ; souriant elle aussi en-dedans, elle fut heureuse de laisser à Melthril le bénéfice de ce triomphe sur le fil : « Une victoire dans une bataille obscure n’en est pas moins noble lorsque personne n’en chante les louanges. »
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A suivre...

