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Un Anneau de nos jours
#1
Bonjour tout le monde. Comme je ne savais pas ou poster et que je trouvais la section art était la seul qui convenait, je poste ici. Mais venons en aux faits. En vue de ce concours ( http://www.magazine-litteraire.com/mensu...2013-59893 ) j'ai écris un texte et j'aimerais en avoir des avis. Merci d'avance. Et n'hésitez pas à critiquer, c'est dans ce but que je poste après tout ( il se peut qu'il reste quelques fautes d'orthographe, je dois encore la re-corriger)

Pouvoir éphémère


La pluie battait les volets de plastique gris et ternes de l'immeuble. Eric regardait les longs filaments d'eau glacée dégringoler du ciel. Comme toujours, il s’ennuyait. Il s’ennuyait à mourir même. La chaufferette de son minuscule HLM réchauffait à peine l'air glacial qui filtrait par dessous les châssis mal isolé. Il grelotta. Dehors la pluie tombait, inlassablement. Elle heurtait le sol, formant des vaguelettes sur le tarmacadam craquelé du parking, trois étages plus bas. Quelques rayons de lumière grise et terne filtrait à travers les nuages plombés, faisant paraître les petites gouttes d'eau sales autant de perles d'argent liquide.
Mais elles n'étaient pas toutes d'argent. Un éclat or attira l’œil d'Eric. Il se redressa et cligna plusieurs fois des yeux, pensant devenir fou. Mais non, le faible mais néanmoins bien visible halo doré qui émergeait de l'une des fissures continuait à miroiter dans la grisaille. L'homme se releva, s'étira puis se dirigea d'un pas pesant vers la porte de faux bois de son appartement. Il prit son vieux ciré turquoise, usé par de trop longues années passé à barouder dans les quartiers louches des grandes villes. Il en avait vécu des choses...
Il descendit quatre à quatre les escaliers, sa curiosité et son énergie se réveillant un peu plus à chaque centimètre qui pouvait le rapprocher d'une hypothétique aventure.
Il se retrouva bientôt dehors, le vent sifflant à ses oreilles et ses vieilles bottines trouées noyées dans l'eau stagnante et puante. La lueur était toujours visible à ses yeux, il ne rêvait pas. Il tendit le bras lentement, de peur de faire disparaître l'objet en fumée..mais non, il était bien réel. Il le saisit de ses mains, fébrile. C'était un anneau. Lisse, doré, il en était déjà amoureux. L'anneau lui paraissait léger dans un sens purement physique mais il eut l'impression qu'une chape de béton recouvrait son âme. Il regarda autour de lui. Personne. Il se retourna et remonta en vitesse dans son petit coin de crasse. Il se sentait si faible par rapport à l'objet...mais en même temps si puissant en sa possession. Il ne savait pas comment cela était possible, mais il savait qu'il pourrait faire de grandes choses avec cet anneau... de très grandes choses.
Ce soir là,il s'endormit l'anneau serré dans son poing fermement clos.
Quand Eric se leva le matin, son regard froid et déterminé se fixa sur la ville. Il n'était plus lui même, comme possédé. Il s'habilla, ne prit pas la peine de déjeuner et se rendit au centre-ville d'un pas ferme et rapide. Il s'assit alors sur un banc. Il avait la sensation que des ombres se déplaçaient autour de lui, s’agenouillaient, le saluaient puis repartaient... une illusion se dit-il. Mais quand il vit un jeune couple sur le banc en face de lui, heureux et respirant la joie de vivre, une colère sans borne s'éleva dans son cœur. Lui n'avait jamais pu connaître ça... il crut voir une ombre se diriger vers les deux amoureux. L'homme se leva, le regard vide. La femme fut surprise par la situation. Son fiancé leva la main, son expression montrant une dure lutte intérieur. Mais finalement, la baffle partit. Puis le fiancé se retourna et, toujours possédé, courut droit devant. Ce qui devait arriver arriva. Au premier carrefour...la femme ne le revit jamais vivant.
Eric se crispa avant de sourire. Mais était-ce un sourire ou la grimace d'un monstre ? L'anneau pesait maintenant lourd à son doigt. Il ne voulait plus le lâcher pour rien au monde.
Toute la journée, des accidents inexpliqués pour le communs des citoyens eurent lieu dans la ville. De son côté, Eric jubilait intérieurement. Lui, destitué de son travail il y a des années, condamné à maintes reprises et insulté de moins que rien plus de fois qu'on ne peut en compter, allait maintenant prendre sa vengeance sur ce monde, sur cette société. Car il savait désormais que son anneau avait du pouvoir. Un pouvoir sombre certes mais un pouvoir immense. Le Pouvoir avec un P majuscule. Beaucoup en rêvait, lui l'avait obtenu. En son fort intérieur, il croyait en être digne, avoir mérité ce pouvoir ultime après tant de souffrances. La haine de la vie, du bonheur, voilà ce qui l'animait. Pas celle de sa vie ou de son bonheur, mais des autres. Il rentra dans sa tanière sombre et piteuse, les ténèbres emplissant son esprit. Mais au fond de son âme, au plus profond de son esprit, une faible lueur persistait. Non, il ne devait pas la laisser vivre. La force noire cacha la flamme d'espoir. Pour le moment du moins. Deux jours passèrent, lentement. Eric commençait à se lasser de ses crimes. Cela ne lui suffisait plus. Il devait prendre plus de pouvoir. Toujours plus de pouvoir. Il y avait droit, il en était intimement convaincu. Tout ça devait lui revenir. Pas aux autres. A lui et à lui seul. Ce jour-là, il se mit à arpenter la ville, ruminant de sombres pensées et donnant naissances à des atrocités. Il n'avait plus besoin d'ordonner aux ombres pour qu'elles agissent. Elles faisaient régner l'anarchie dans le monde de l'invisible, de l'esprit, des sentiments. Le maire devait discourir aujourd'hui devant la population pour la rassurer. Pour leur dire que ces vagues d'accidents, de suicides et de vols seraient bientôt sous contrôle. Mais Eric savait que le maire était terrifié. C'était comme cela quand on perdait le pouvoir il parait. On ne veut pas y croire, on déchante, on rejette la faute sur les autres, on se meurt intérieurement. A cette idée de pouvoir, les pas d'Eric le conduire devant l'hôtel de ville, où une foule dense s'était déjà rassemblée. Des dizaines de parapluies et de longs anoraks pour la plupart de couleurs ternes inondaient la place. Devant tout ce troupeau désorganisé, en sécurité sur le balcon du vieux bâtiment à l'architecture baroque décrépi, se tenait le maire. Un vieil homme bedonnant, le crâne dégarni et une paire de lunette protégeant deux yeux porcins profondément enfoncés dans la face grassouillette. Eric sentait la peur en lui. Ses lèvres se retroussèrent en un rictus. Quelle pitoyable sensation que la peur. Il se fraya un chemin jusqu'au premier rang, les visages inquiets des citoyens ne le remarquant même pas dans leur préoccupation.
Le maire se mit à parler d'une voix qu'il voulait forte mais qui tremblait malgré tout les efforts de l'homme pour se contenir. Eric regarda fixement le politicien. Les ombres s'amassaient autour du square. Ce n'était plus qu'une question de minutes avant que le pouvoir lui soit accessible. Mais quelques minutes de trop. Une peur remontant au fin fond des âges naquit dans le cœur des habitants à l'approche du mal. Dans l'agitation, un grand bonhomme large d'épaules bouscula brutalement Eric. Il ne put se maintenir debout et chuta contre les pavées froids et humides. Quand le choc secoua ses deux vieux bras, l'Anneau glissa du doigt squelettique. Il roula vers la grille d'égout la plus proche, comme habité d'une volonté propre. Eric ferma les yeux de terreur. Quand il les rouvrit, l'Anneau voguait lentement sur les flots fétides des sous-sols, partant à la recherche quelqu'un digne de lui. C'est comme ça le pouvoir. Il a tendance à vous trahir au moment où vous vous y attendez le moins.
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#2
Personnellement, j'aime bien cette nouvelle ! J'en ai commencé une relecture pour chasser quelques coquilles et t'interroger sur quelques formulations mais elle est déjà bien aboutie je trouve.

Je te contacterai en privé pour éventuellement la publier sur le site Tolkiendil à cette page (si tu le souhaites bien entendu Very Happy !)
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#3
Pour la publication, cela dépendra du Magazine Littéraire. Si cette nouvelle devait être récompensée, elle trouverait sa place sur leur site et dans un tiré à part ; il nous faudrait alors leur autorisation.
Demons run when a Good Man goes to war.
Night will fall and drown the sun
When a Good Man goes to war.
Friendship dies and true love lies.
Night will fall and the dark will rise
when a Good Man goes to war.
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#4
(05.01.2013, 15:20)Druss a écrit : Si cette nouvelle devait être récompensée, elle trouverait sa place sur leur site et dans un tiré à part
Et c'est ce que nous pouvons souhaiter à Eoredane !
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#5
C'est sur, franchement je trouve ça magnifique Very Happy Très bien écrit
Parammë paramaïnen
nous apprenons par les livres
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#6
J'ai moi aussi vraiment apprécié cette nouvelle !
Je n'ai malheureusement pas trouvé les résultats du concours sur le site du Magazine Littéraire... Ton intervention me donne envie de reprendre contact avec son auteur pour en savoir plus !
Merci pour ton post donc, et n'hésite pas à nous proposer tes propres écrits (en vers ou en prose) !
A bientôt donc... Wink

*EDIT : L'auteur est contacté... Il n'y a plus qu'à attendre une réponse !
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