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Essais - Pourquoi l’œuvre de Tolkien est-elle une île littéraire ? - Thibault Panis
#1
Thibault Panis vous fait part de ses réflexions à propos des problèmes que rencontrent les études de Tolkien dans le monde universitaire dans son article : Pourquoi l’œuvre de Tolkien est-elle une île littéraire ?

N'hésitez pas à réagir [même si vous n'êtes pas universitaire vous-même Wink]!
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when a Good Man goes to war.
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#2
Je n'hésite pas à réagir, disposant d'un peu de temps!Wink

Je m'arrête un instant en cours de lecture pour une première remarque:

Citation de T. Panis au premier paragraphe sous le titre "L'impossible abordage littéraire des écrits de Tolkien":

L'idée sous-jacente étant : Pourquoi un tel engouement si ce n'est grâce au caractère éminemment contemporain des écrits de Tolkien?

Je ne suis pas sûr, au contraire semble-t-il de plusieurs universitaires dont Panis n'est pas, que Tolkien soit un auteur aux sonorités ou préoccupations contemporaines. Je pense même que son succès doit à une certaine et recherchée intemporalité.

Il ne vient à personne l'idée de placer Tolkien entre par exemple Shakespeare et Byron et Panis soutient avec raison le côté "à part" de son oeuvre qui justifie tant de travaux et d'interrogations. Tolkien a créé un monde "ouvert", Ea ou Ambar n'est pas un monde clos comme nombre (toutes?) les oeuvres littéraires et cela est cohérent avec son soucis d'avoir voulu donner une mythologie à son pays. Dans une mythologie classique, les siècles ont forgé diverses sources, diverses versions et cela, Tolkien l'a réussi non seulement en vertu de son désir mais aussi parce qu'il découvrait son monde petit à petit, commettant des erreurs, oubliant, s'y perdant. Il lui fallu des décennies pour qu'il en comprenne l'essentiel et il a fallu tout le travail de Christopher pour que cet essentiel nous soit transmis avec les clés qui permettent d'encore avancer.

Panis souligne avec raison, non que cela m'avait échappé mais je n'en avais pas perçu la force et l'intérêt, combien le travail des amateurs de l'oeuvre contribue à son étude. Cela est aussi une originalité justifiant le terme de "Tolkinologie".

J'ai un peu plus de mal avec la notion de "double barrière" car elle ignore le voyage d'Aelfwine à Tol Eressëa mais aussi comment le texte peut enchanter le monde de bien des lecteurs au rang desquels Faerestel.Very Happy

J'adhère cependant à la conclusion, l'oeuvre de Tolkien est bien une rêverie!
Dorées les feuilles tombent, mais le rêve se poursuit
Là où l'espoir demeure, les eaux chantent sous la nuit
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#3
Bonjour,

Concernant l'article, j'ai pas mal aimé le concept de "double clôture" et l'article est bon.

J'ai noté un point toutefois:

Citation :Car elle correspond en définitive parfaitement aux attentes d'un lecteur contemporain, qui sait bien que les mythes et les légendes ne sont pas réels

Je lisais un article récemment qui parlait des mythes. Visiblement la définition d'un mythe est une histoire que l'on tient pour vrai et qui parle des origines, d'un évènement lointain. A partir du moment où la personne ne croit plus à l'histoire ça devient un conte.

Un mythe est lié à une culture et souvent une religion tandis qu'un conte est nomade.

Ainsi un mythe peu devenir un conte et inversement.

Le Seigneur des Anneaux reprend le principe du mythe puisque dans l'univers interne cette histoire est vécue comme vrai. Pour nous dans notre univers externe c'est un conte.

Par exemple l'histoire de Noé est un conte pour la plupart d'entre nous mais c'est un mythe pour ceux qui ont une vision littérale de la Bible.
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#4
Merci de ta réaction, Wido. Même si je suis globalement d'accord avec tes propos, je me pose une question. Ne peut-on pas classer Tolkien aussi à mi-chemin du conte et du mythe ? Après tout, ses écrits avaient justement pour but premier de fournir une matière mythique à l'Angleterre, de façon externe.
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#5
Citation :Je lisais un article récemment qui parlait des mythes. Visiblement la définition d'un mythe est une histoire que l'on tient pour vrai et qui parle des origines, d'un évènement lointain. A partir du moment où la personne ne croit plus à l'histoire ça devient un conte.

Un mythe est lié à une culture et souvent une religion tandis qu'un conte est nomade.

Ainsi un mythe peu devenir un conte et inversement.

Il me semblerait plutôt qu'un mythe est une histoire qui a une vocation d'explication de divers phénomènes (la création du monde, des questions existentielles, sociologiques, morales etc...) touchant à des choses très profondes, alors que ce n'est pas forcément le cas du conte. Le mythe a aussi davantage tendance à être polysémique. C'est d'ailleurs ce qui fait qu'il perdure davantage, et est repris dans de multiples autres productions : habituellement c'est ce sens qu'on lui donne ; ainsi on pourrait parler du mythe de Don Juan, puisque c'est une histoire espagnole tirée d'un fait réel, reprise par Molière repris lui-même par Baudelaire, et qui lui donnent chacun une forte portée métaphysique. Le mythe tend également à être davantage "écrit" (ou provenir) par un ensemble de personnes, plutôt qu'une seule.

J'ai apprécié l'article, mais je trouve la fin un peu faiblarde :
Citation : Mais cette double-clôture éclaire sans doute aussi une partie du succès de l’œuvre. Car elle correspond en définitive parfaitement aux attentes d'un lecteur contemporain, qui sait bien que les mythes et les légendes ne sont pas réels.
Et toute la fin du paragraphe. Faudrait-il comprendre que Tolkien est apprécié parce qu'aujourd'hui on goûte la fiction "pure" davantage qu'avant ? Je n'en suis pas sûr, ni qu'on n'appréciait pas la fiction autrefois, ni que c'est pour cette raison qu'on apprécie Tolkien. Et surtout, je trouve la conclusion trop "facile".
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