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[Théatre] Un projet qui passe la mesure...
#1
... du raisonnable.

Du moins, j'en ai bien peur. Mais comme depuis plusieurs mois il hante mon esprit dès que j'ai un instant de libre, il m'a bien fallu passer à l'action. Neutral



Bref, mon inspiration provient de ce chef-d'œuvre que sont The wanderings of Húrin (HoME XI).

Et j'ai conçu l'idée – certes extravagante – d'en tirer une tragédie...



... en cinq actes...



en alexandrins classiques.




Comme la première scène de l'acte I m'a demandé une semaine de travail, une règle de trois m'apprend que le tout devrait me demander environ six mois. Exclamation

Mais cessons ces vaines paroles, voici le texte :

EDIT : Mise à jour et ajout de la scène suivante.

Acte I, scène 1

Entrent Asgon, Ragnir, et les autres suivants de Húrin. Ils s’arrêtent.

ASGON
Depuis le point du jour nous battons la forêt,
Nul taillis, nul hallier qui soit resté secret.
Mais lui que nous cherchons déjoue toutes nos peines
Et sa disparition rend nos marches bien vaines.
Nous sommes depuis peu devenus paresseux.
Encore faudrait-il nous estimer chanceux
De n’avoir point été victimes d’embuscade,
Marchant sans précaution depuis une décade.
Tranquille est ce pays, trop tranquille à mon gré.
Ce matin le brouillard s’élevant par degré
Semblait dissimuler des yeux et des oreilles
Aux aguets sous les rocs et derrière les treilles.
Pas le moindre détail qui veuille révéler
Le chemin par lequel Húrin s’en est allé.
C’est à le croire proie d’une bête sauvage.
Il est pourtant vaillant en dépit de son âge,
Acculé il aurait livré un pugilat,
Le sol aurait gardé les marques d’un combat.

RAGNIR
Depuis une heure et plus, je n’ai vu nulle empreinte,
La piste allant aux gués devait être une feinte.
Nous faisons fausse route, Asgon, je le redis ;
De partir seul notre homme avait longtemps ourdi.

ASGON
Peu de vivres il prit ; où pourrait-il se rendre ?
Il n’est pas d’autre voie qu’il ait pu vouloir prendre.

RAGNIR
Qu’il aille où bon lui semble, s’il en a l’intention !
Retournons au pays, c’est ma résolution.
Il a perdu l’esprit, voilà ce que je pense.
Nuit après nuit, j’entends sa voix qui recommence
À marmonner des mots étranges quand il dort,
Comme s’il maudissait ceux qui lui firent tort.

ASGON
Ne médis pas de lui, ton seigneur légitime !
Sa force dans l’épreuve appelle notre estime.
Je ne suis pas surpris que sa captivité
Revienne le troubler et que l’obscurité
Évoque à sa mémoire un tourment effroyable.
Mais aurait-il pourtant un nom moins admirable
Un serment solennel nous oblige à l’aider
Et là où il ira nous suivrons sans céder.

UN DES SUIVANTS
Même s’il s’avérait qu’une autre extravagance
L’ait fait partir vers l’Est, au Pays du Silence ?

ASGON
J’admets ce pronostic assez intimidant
Pour me faire hésiter. Mais il est évident
Qu’il ne saurait aller fort loin sur cette route.
Ses paroles d’ailleurs peuvent ôter ce doute :
Visiter ses parents, tel était son projet.
Seule Brethil peut être au bout de son trajet.

RAGNIR
Il reste une question si tu veux nous conduire ;
Tu n’as aucun cousin qui puisse t’introduire.
Les habitants des lieux sont peu hospitaliers
Et méfiants envers tous, exceptés leurs alliés.

ASGON
Ce sont des gens de cœur, ils auront en mémoire
Qu’ensemble nos aïeux se couvrirent de gloire.

UN DES SUIVANTS
Des risques c’est le moindre, et je crains pour ma part
Que les armées de l’Ombre aient causé leur départ,
Qu’avançant en amis on nous accueille en maîtres
Dans un gîte rempli d’orques et d’autres reîtres.

ASGON
Nous le saurons tantôt. Parmi les malfaiteurs,
Les Orques valent bien les vils usurpateurs
Qui nous ont tout volé et m’ont fait corvéable.
S’il faut rester parias, il semble préférable
De rôder dans ces bois qui serviront d’abris
Plutôt qu’à Dor-Lómin parmi les rochers gris.

RAGNIR
Sur ce point il me faut marquer ma différence.
Je consens cependant à suivre ta guidance,
Je suis curieux de voir qui demeure en en ces lieux.
Si je préfère enfin partir pour d’autres cieux,
J’attendrai le redoux pour passer les montagnes
Et me fie entre temps à toi dans ces campagnes.

Scène 2

Surgissent de tous côtés des soldats de Brethil, l’épée tirée et l’arc à la main.

ASGON
Amis ne cherchez point à résister en vain,
Nous sommes encerclés et à un contre vingt.
Cherchons à éviter toute erreur dommageable,
La Fortune, je crois, se montre favorable.

UN SOLDAT DE BRETHIL
Favorable journée que la vôtre messieurs !
Marcher droit dans nos rets est un geste astucieux.

ASGON
Quand bien nous l’aurions su, nous avancions de même,
Votre venue nous cause un agrément extrême.
Du peuple de Haleth nous cherchions le foyer,
J’estime désormais n’être point fourvoyé.

LE MEME SOLDAT
Avant de vous réjouir, sachez que nos frontières
Pour tous les importuns font de bons cimetières.
Ordre nous est donné d’arrêter les fouineurs,
En cas d’hostilité de tuer les gêneurs.

ASGON
Songez que nous venons dans un but pacifique
Et ne méritons pas un traitement inique.
Nous sommes des Edain qui ont passé les monts
Et loin de Dor-Lómin nous fuyons les démons.
Nous avons voyagé en quête d’un refuge,
Vous n’avez point à craindre un honteux subterfuge.

UN AUTRE SOLDAT
Pour juger de la chose il sera plus aisé
D’attendre que le jour levant ait exposé
Vos traits à nos regards. Pour l’heure il est utile
De prévenir chez vous toute intention hostile.
Compagnons ôtez-leur armes et munitions,
Empêchez à tout prix les dissimulations.

Ragnir tente de résister, deux soldats s’unissent pour le restreindre.

LE DEUXIEME SOLDAT
Puisqu’ils ont pris parti de faire de l’esclandre,
Maîtrisez-les, liez leurs mains sans plus attendre,
Car notre capitaine arrivera bientôt ;
De la capture il fut averti aussitôt.
Je ne veux point laisser toute cette canaille
Rendre ce lieu pareil à un champ de bataille.
Rollant est proz e Oliver est sage.
Ambedui unt merveillus vasselage :
Puis que il sunt as chevals e as armes,
Ja pur murir n’eschiverunt bataille.
La Chanson de Roland
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#2
Excellent!
Mais c'est vrai que ce projet est d'envergure, sa va te demander du boulot mais si un jour tu en voit le bout tu auras fait quelque chose de remarquable...
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#3
Bon je suis pas un fin poète mais la lecture est vraiment très fluide et compréhensible et c'est très appréciable.
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#4
Faudra que tu nous le lises Smile
"L'urgent est fait, l'impossible est en cours, pour les miracles prévoir un délai."
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#5
L'entreprise est louable et très réussie. Le texte est très clair et lisible. Je ne connais pas bien les Wanderings pour juger du contenu mais je te fais confiance là-dessus.
Malgré tout, ce genre de lecture n'est pas trop à mon goût. Théatre et poème en même temps tout ce que je ne peux pas sentir Embarassed
Demons run when a Good Man goes to war.
Night will fall and drown the sun
When a Good Man goes to war.
Friendship dies and true love lies.
Night will fall and the dark will rise
when a Good Man goes to war.
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#6
L'une des difficultés les plus importantes que j'ai rencontrées est l'alternance des rimes féminines et masculines (i.e. des rimes qui se terminent en -e, -es ou -ent et des autres).

C'est tombé en désuétude de nos jours, mais comme je tiens à produire un effet "ancien" (à la manière de Tolkien, qui écrivait dans un style quelque peu archaïque), ça me paraît nécessaire.

Le souci que j'ai eu, c'est que je n'en avais pas tenu compte dès le départ. Du coup, il m'a fallut tout reprendre (il y avait aussi quelques rimes que je n'aimais pas, j'ai donc fait d'une pierre deux coups).

Au cas où ça vous intéresse de faire la comparaison, je vous livre la première version de la tirade initiale d'Asgon :

ASGON
En vain depuis l’aurore nous battons la forêt,
Nul oiseau, nulle bête ne nous échapperait.
Mais lui que nous cherchons, échappe à nos efforts.
Pourquoi fallait-il donc pour notre réconfort
Estimer superflu de placer quelque garde
Qui veille sur le camp ? Le malheur point ne tarde
Quand la paresse remplace la détermination
Alors qu’il nous fallait redoubler d’attention.
Tranquille est ce pays, trop tranquille à mon gré.
Ce matin le brouillard s’élevant par degré
Semblait dissimuler des yeux et des oreilles
Sous chaque pierre, chaque brin d’herbe et chaque treille.
Et pas la moindre trace qui puisse nous apprendre
Le chemin que Húrin a décidé de prendre.
C’est à le croire proie d’une bête sauvage.
Il est pourtant vaillant en dépit de son âge,
Et jamais sans lutter ne serait mis à bas.
Le sol aurait gardé les marques d’un combat.
Rollant est proz e Oliver est sage.
Ambedui unt merveillus vasselage :
Puis que il sunt as chevals e as armes,
Ja pur murir n’eschiverunt bataille.
La Chanson de Roland
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#7
Tu verras, il n'y a pas de règle de trois qui tienne, c'est de plus en plus dur à mesure de l'avancement (quoique souvent de plus en plus fluide paradoxalement).
Bon, je profite de ce que mon compte n'est pas encore été supprimé pour inactivité pour sortir de mon chapeau une critique en bonne et due forme, d'une partialité à toute épreuve comme toujours.
Avant toute chose, un grand bravo, s'il en faut un : tu t'es fixé un objectif rudement coriace, et tu ne ménages pas ta peine (l'alternance des rimes, il est donc encore des rimailleurs qui s'y tiennent ?) : j'espère de tout coeur que tu poursuivras dans cette voie !
Surtout que la tragédie classique, c'est grandiose.
Et comme dans tout ce qui est grandiose, l'erreur de détail n'y pardonne pas.

C'est pourquoi, vu que je mauvais pour complimenter, je vais de ce pas attaquer à grands coups de hache les détails de cette première scène - d'un point de vue purement formel, je n'ai aps lu ce texte de Tolkien. M'enfin je vais arranger ça promptement, le projet est trop beau pour que je ne cherche pas à l'accompagner (même si cela brise mon voeu de silence que je n'ai jamais prêté, forcément, j'étais déjà silencieux à ce moment là).

v1 : "aurore" : problème à la césure, pas d'élision du e

v3 : "Mais lui" est bizarre, j'y préférerai "celui" : je ne vois ici nulle opposition qui introduise ce mais.

v3 : Je ne suis pas convaincu de l'utilité de la virgule ici, mais je trouve en général que beaucoup de virgules n'ont pas lieu d'être dnas des tas de textes, je ne dois pas avoir une perception normale de la chose. Tant qu'à parler de ponctuation, en règle géénrale je trouve qu'il y a beaucoup de points, mais il est vrai que les point-virgules ne sont pas légions chez Corneille, cela tient au genre, donc dans l'ensemble elle est bonne.

v7 : "victimes" au pluriel tant qu'à faire, encore que, le singulier pourrait se défendre

v12 : problème de césure avec "pierres", pour élider le e il faudrait pierre au singulier ; l'image est jolie, la conserver, mais il faut modifier le vers.

v22 : la césure classique n'est pas vraiment respectée ici, cela sonne romantique ; "le vieux" est malheureux dans la bouche des personnages je pense

v23-24 : la rime la rime vivres/suivre est faiblarde et ranche avec les autres ; "choisir suivre" rend assez mal à mon goût

v26-27 : "c'est ma résolution", "voilà ce que je pense" n'ont en soi pas grand chose à se reprocher, mais là mis symétriquement, ça me choque, ça fait 'remplissage' : je pense qu'il y a moyen d'améliorer ce passage.

v29 : "étranges" ne peut s'élider ici, la césure n'est donc pas respectée

v31 : petite faute à "ne médit" si je ne m'abuse Wink

v38 : j'ai un peu de mal avec l'accumulation de mots d'une seule syllabe, pourtant le vers reste très fort... toute cette tirade d'Asgon, d'ailleurs, est très belle et fait très cornélienne, j'admire !

v39 : "que quelque" sonne étrangement mais je n'ai rien à y redire

v43 : encore une très belle tirade d'Asgon ; néanmoins on assiste à une énième reprise de "aller" (tantôt infinitif, tantôt conjugué), c'est dommage : à un ou deux endroits on pourrait lui préférer "se rendre" ou une autre variation.

v44 : "peuvent ôter" pas d'élision, l'alexandrin est donc bancal

v46 : "être" ne subit pas d'élision, le vers est donc à retravailler ; par ailleurs, même sans ce problème, je ne le crois pas satisfaisant, en regard des autres.

Les deux tirades qui suivent, de Ragnir et Asgon, sont très belles. Malheureusement le suivant (dans les deux sens du terme ^_^) maîtrise moins bien l'alexandrin... Wink

v54 : "Ombre" ne s'élide pas ==> césure à refaire

v55 : la diérèse sur "trouvions" est malvenue je pense, il faut soit la marquer partout, soit la marquer nulle part en théorie : dans hallier, dans allié, dans hospitalier, dans précaution tu ne l'as pas marquée... il est plus sage de continuer dans cette voie je pense. Ou alors des exceptions pour les mots où elle est très accentuée en général (furieux, curieux...) mais ici elle ne passe pas à moins de se faire rigoriste, et alors il faudrait retravailler de nombreux vers supplémentaires (tu me diras, 5 de plus, 5 de moins... Wink )

v56 : Adversaires : problème de césure. "orques" : problème d'élision.

v58 : "valent" : problème d'élision ; ce vers est curieux ; le vers 59 et sa rime en "corvéable" est vraiment admirable en revanche.

v61 : j'aurai mis abri au singulier mais bon

v63 : ce vers ci est cureux...

v65 : "vivent" : problème d'élision

v66 : problème de césure avec "préfère"

v67 : je supprimerai la virgule finale, mais ça n'est pas une obligation

v68 : entre temps en deux mots ? cela se peut justifier je te l'accorde.


Bon et sur ce je me suis attardé plus que de raison, je retourne à mes occupations bien moins folichonnes. je repasserai cependant sans doute ajouter quelques commentaires plus rigolards après une seconde lecture du passage pour souligner les bons points histoire de s'en inspirer pour la suite. Dans l'ensemble (à part les nombreuses fautes de e muets) c'est très bon ; toutes mes félicitations et surtout... tous mes encouragements pour la suite.


Divitiac


PS : si un moment la détermination te manque, ne pas hésiter à me demander de scribouiller une petite scène de ci de là, à condition de me faire un petit 'briefing' avant Wink
Répondre
#8
Ma première réaction: pfew! félicitations et bon courage! Mr. Green
Ma deuxième: le style "ancien" que tu cherches à reproduire, en quoi consiste-t-il? Les longues tirades et l'absence de détails scéniques en font-ils partie, ou est-ce un choix personnel?
Répondre
#9
Divitiac, si Elendil ne nous pose pas un lapin comme à Sèvres ( Mr. Green ), vous devriez avoir l'occasion de vous croiser à Nogent Wink et pourquoi pas nous faire une lecture Razz (malheureusement seul Divitiac sera dans le bon costume - enfin presque Very Happy)
"L'urgent est fait, l'impossible est en cours, pour les miracles prévoir un délai."
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#10
Dans le bon costume... le 'presque' n'est pas de trop (surtout que les chances que je fasse Homme de Dun sont fortes, rapport à l'encombrement) ^_^
Ce sera volontiers que je croiserai cet Elendil qui faisait déjà parler de lui quand je n'étais pas tout à fait mourant encore Smile

Sinon pour répondre à Manthanoménos (j'avoue, j'ai recopié, je n'y arriverai jamais ce pseudonyme je te dis) les détails scéniques sont, dans les pièces classiques, généralement inexistants : rien dans Corneille, rien dans Shakespeare, quelques uns qui font leur apparition au XIXe et encore... Déjà le "Entrent machin et machin" c'est beaucoup à vrai dire (mais c'est plus parlant que la liste des personnages présents dans la scène, avouons-le).
Pour ce qui est des tirades elles ne sont pas si longues... moi je trouve que c'est un très bon point que marque Elendil ici d'ailleurs : l'équilibre me semble optimal entre les déclamations et les vers brefs. Et c'n'est pas facile à doser, j'en sais quelque chose.


Divitiac
Répondre
#11
(04.02.2009, 22:39)divitiac a écrit : j'avoue, j'ai recopié, je n'y arriverai jamais ce pseudonyme je te dis
Fais comme les autres: utilise un diminutif! mantha, manthano comme tu veux! On t'appelle bien divi! Wink
Répondre
#12
(04.02.2009, 22:39)divitiac a écrit : j'avoue, j'ai recopié, je n'y arriverai jamais ce pseudonyme je te dis
C'est marrant, je trouve pas que ce soit si difficile que ça pourtant.
"L'urgent est fait, l'impossible est en cours, pour les miracles prévoir un délai."
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#13
Divitiac : un grand merci pour cette critique détaillée. Ayant pour moi-même des exigences élevées, je suis heureux que tu viennes m'aider à les satisfaire.

Je me rends compte que j'avais effectivement un problème vis-à-vis des -e muets (ou plutôt de ceux qui ne le sont pas).

J'ai lu avec attention tes recommandations, et j'ai corrigé la majeure partie des problèmes mentionnés (je posterai une nouvelle version dès que j'aurais résolu les derniers). Sur ceux qui restent :

v.23-24 : derniers vers qui me résistent vraiment. Impossible de trouver une rime correcte avec vivres. Mais il est essentiel de mentionner ce fait, car il aura une incidence considérable à l'Acte II.

v.26-27 : ce n'est pas mentionné, mais il faut imaginer une pause significative entre les deux vers. En l'occurrence, Ragnir est jeune (fait qui sera souligné plus tard), et sa parole n'est pas sensée faire autorité. Il me semble donc logique qu'il ait un discours plus maladroit, et qu'il essaie de renforcer ses dires par ce genre d'expressions. Mais puisque c'est visiblement choquant, je chercherais s'il y a moyen de tourner différemment le vers 27.

v.63 : qu'est-ce qui est curieux dans ce vers ?
Rollant est proz e Oliver est sage.
Ambedui unt merveillus vasselage :
Puis que il sunt as chevals e as armes,
Ja pur murir n’eschiverunt bataille.
La Chanson de Roland
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#14
Proposition (soyons fous)

ASGON
Nous l’avons constaté, il a pris peu de vivres,
Cela doit peser cinq, tout au plus six livres.
Répondre
#15
Intéressante proposition, je dois dire (même s'il faudrait reformuler légèrement, le dernier hémistiche n'ayant que cinq pieds).

Ma solution actuelle contourne l'obstacle :

ASGON
Peu de vivres il prit ; où pourrait-il se rendre ?
Il n’est pas d’autre voie qu’il ait pu vouloir prendre.

La révision complète sous peu, dès que j'ai terminé la Scène 2.
Rollant est proz e Oliver est sage.
Ambedui unt merveillus vasselage :
Puis que il sunt as chevals e as armes,
Ja pur murir n’eschiverunt bataille.
La Chanson de Roland
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#16
Scène 2

Surgissent de tous côtés des soldats de Brethil, l’épée tirée et l’arc à la main.

ASGON
Amis ne cherchez point à résister en vain,
Nous sommes encerclés et à un contre vingt.
Cherchons à éviter toute erreur dommageable,
La Fortune, je crois, se montre favorable.

UN SOLDAT DE BRETHIL
Favorable journée que la vôtre messieurs !
Marcher droit dans nos rets est un geste astucieux.

ASGON
Quand bien nous l’aurions su, nous avancions de même,
Votre venue nous cause un agrément extrême.
Du peuple de Haleth nous cherchions le foyer,
J’estime désormais n’être point fourvoyé.

LE MEME SOLDAT
Avant de vous réjouir, sachez que nos frontières
Pour tous les importuns font de bons cimetières.
Ordre nous est donné d’arrêter les fouineurs,
En cas d’hostilité de tuer les gêneurs.

ASGON
Songez que nous venons dans un but pacifique
Et ne méritons pas un traitement inique.
Nous sommes des Edain qui ont passé les monts
Et loin de Dor-Lómin nous fuyons les démons.
Nous avons voyagé en quête d’un refuge,
Vous n’avez point à craindre un honteux subterfuge.

UN AUTRE SOLDAT
Pour juger de la chose il sera plus aisé
D’attendre que le jour levant ait exposé
Vos traits à nos regards. Pour l’heure il est utile
De prévenir chez vous toute intention hostile.
Compagnons ôtez-leur armes et munitions,
Empêchez à tout prix les dissimulations.

Ragnir tente de résister, deux soldats s’unissent pour le restreindre.

LE DEUXIEME SOLDAT
Puisqu’ils ont pris parti de faire de l’esclandre,
Maîtrisez-les, liez leurs mains sans plus attendre,
Car notre capitaine arrivera bientôt ;
De la capture il fut averti aussitôt.
Je ne veux point laisser toute cette canaille
Rendre ce lieu pareil à un champ de bataille.
Rollant est proz e Oliver est sage.
Ambedui unt merveillus vasselage :
Puis que il sunt as chevals e as armes,
Ja pur murir n’eschiverunt bataille.
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#17
C'est vraiment bien. Faudrait que je relise the wandering of Hurin.
Répondre
#18
Même réaction que tout le monde :

1-> C'est un projet qui dépasse les limites du raisonnable !

2-> Il est pourtant bien rudement bien parti...

J'aime particulièrement la versification, sa fluidité et son élégance. Je suis loin d'être expert en ce domaine, mais je n'y ai trouvé aucun passage redondant (qui fasse rajouté quoi, les syllabes ou les rimes qui sont la pour le compte...).

J'ai par contre quelque peu pratiqué le théâtre d'où deux - trois interrogations sur ta mise en scène : Le faible nombre de didascalies vient il d'une volonté de laisser libre interprétation au lecteur ou d'une grande concentration dans les tirades ?
Pourquoi ne décrire ni décors, ni costume, ni position des personnages sur la scène ?
Il n'y a dans ces premières scènes aucune indication de ton de voix pour les comédiens, c'est donc a la libre interprétation des interprètes ?

En tout cas félicitations, je me débrouillerais pour passer assez souvent voir comment évolue la pièce !
Répondre
#19
Oui, je suis en cela la pratique du théâtre classique, où les didascalies sont fort peu abondantes. Il y a évidemment une volonté chez moi de ne pas codifier outre mesure le travail de l'interprète. J'ai tendance à penser que cette liberté est l'une des causes du succès des grandes tragédies classiques.

Bien que cela puisse sembler contradictoire avec cette position, j'ai en fait une idée très précise de la mise en scène que j'utiliserais si cette pièce était jouée.

Éventuellement, je noterai ces détails à part lorsque je mettrai la dernière main à la pièce. Si donner des indications scéniques peut s'avérer utile, je ne souhaite pas qu'elles soient considérées part intégrante de l'œuvre.
Rollant est proz e Oliver est sage.
Ambedui unt merveillus vasselage :
Puis que il sunt as chevals e as armes,
Ja pur murir n’eschiverunt bataille.
La Chanson de Roland
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