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Maison du bonheur en elfique
#1
Bonjour à tous les Erudits de ce site,
je vais bientôt emménager avec la femme de ma vie dans une belle maison qui a vue sur un grand terrain en pente boisé. J'aimerais trouver une inscription à poser sur le dessus de ma porte qui apporterait une bénédiction permanente à ma maison et me protégerait des ombres en faisant fuir les esprits malintentionnés.

Un mot ou une expression en elfique serait approprié, j'ai commencé à chercher, pour maison je trouve le terme "mar" mais pour bonheur je trouve pas vraiment d'équivalent, mais il y a aussi peut-être des expressions qui existent sans traduire mot à mot ?

Merci pour votre aide Smile
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#2
Je ne saurais trop conseiller de prendre en exemple la demeure de Vairë et Lindo, Mar Vanwa Tyaliéva 'The Cottage of the Lost Play' (fr. La Chaumière du Jeu Perdu).

Cela permet également de parler du Parma Eldalamberon 12 qui va être réédité sous peu.
En effet, dans cet ouvrage, on trouve également (p. 99) la forme qenyarine vald- 'good fortune, blessedness, happiness' qui me semble parfaitement convenir. Du premier exemple sus-cité, nous pouvons interpoler la forme Mar Valdiéva.

On m'objecter, à raison, que ces éléments sont issus du qenya tel qu'il était conçu par Tolkien dans les années 1915-20, qu'il a changé par la suite et que nous disposons de formes quenyarines plus récentes.
C'est vrai, mais je trouverais dommage de rater une occasion de faire usage de cette forme plus ancienne qui est souvent occultée. Enfin - et c'est de loin le plus important à mes yeux - cela permet une référence poétique au Livre des Contes Perdus qui me semble tout à fait dans l'esprit de la démarche. Very Happy
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#3
Merci beaucoup Lomelinde pour cette réponse Mar Valdiéva est de plus une expression qui sonne bien Smile
Et que signifie la terminaison iéva ?
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#4
En qenya, -(u)va était une terminaison adjectivale qui était d'usage assez libre et était souvent équivalente au génitif (cf. PE 14, p. 47). D'où tyaliéva « en jeu, joueur ». En quenya, son usage s'est plutôt restreint : on la qualifiera plutôt de terminaison possessive-adjectivale.

Personnellement, j'aime bien la première suggestion de Lóme : Mar Vanwa Tyaliéva est un endroit béni dans les Contes perdus.

Par contre, la deuxième est grammaticalement fausse, car la terminaison n'est pas **-iéva. Il faudrait probablement écrire Mar Valduva.
Rollant est proz e Oliver est sage.
Ambedui unt merveillus vasselage :
Puis que il sunt as chevals e as armes,
Ja pur murir n’eschiverunt bataille.
La Chanson de Roland
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#5
Merci à toi aussi Elendil.
Fort de vos suggestions je vais à présent tranquillement réfléchir aux mots à utiliser. J'aimerais aussi ajouter un petit quelque chose pour personnaliser le terme, peut-être en ajoutant une connotation à la nature ou à la paix.
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#6
(17.06.2011, 19:30)Elendil a écrit : En qenya, -(u)va était une terminaison adjectivale qui était d'usage assez libre et était souvent équivalente au génitif (cf. PE 14, p. 47).

En complément à ce qu'Elendil explique et pour ceux qui ne possède pas le PE14, le u entre parenthèses désigne en fait l'utilisation de ce suffixe selon la terminaison, soit :
1) -va dans le cas d'une terminaison vocalique (ex: tyalie > tyaliéva),
2) -uva dans le cas d'une terminaison consonantique (ex: vald- > valduva).

(17.06.2011, 19:30)Elendil a écrit : Par contre, la deuxième est grammaticalement fausse, car la terminaison n'est pas **-iéva. Il faudrait probablement écrire Mar Valduva.

Non, elle n'est pas fausse mais je ne l'ai effectivement pas expliquée.

La terminaison que j'ai appliquée se décompose en --va.
Elle contient tout d'abord le suffixe -ie, qui est un suffixe employé dans la formation de nombreux noms désignant des choses abstraites (comme le bonheur par exemple). Quelque exemples à la volée :

anarie liberality. [PE12:31]
anūvie manhood, doughtiness. [PE12:31]
ausie wealth. [PE12:33]
apantie display. [PE12:34]
angaisine, -ie Torment. [PE12:34]
fairie freedom. [PE12:37]
fandelūvie monstrosity, immoderation, violence, barbarity, grossness. [PE12:38]
kalimbarie barbarity. [PE12:44]
kondorie martial ardour. [PE12:48]
koivie awakening. [PE12:48]
tyalie play, game. [PE12:49]
liltie dancing. [PE12:55]
nalie playing of tunes, ringing of bells. [PE12:64]
nyarie a fable, story, legend. [PE12:68]
ordie height, loftiness. [PE12:70]
oiwie gloss, glossiness. [PE12:71]
pantie an unfolding, opening, revealing. [PE12:72]
perendie (1) patience. (2) endurance. (3) an agelong period. [PE12:73]
(uru)purnie conflagration. [PE12:75]
qeleksie rot, corruption. [PE12:76]
qolūvie pestilence. [PE12:78]
tēvie hatred, dislike. [PE12:90]
tulpie supporting, toleration. [PE12:93]
unqie hearing. [PE12:98]
vaqi, vaqie victory. [PE12:100]
velupantie revelation. [PE12:100]

Notons que ce suffixe fait partie du « noyau dur » d'éléments du q(u)enya qui ont survécus plus ou moins inchangés aux différentes époques conceptuelles.

J'ai choisi de créer le terme valdie car le radical vald- seul ne peut être employé en l'état comme nom pour désigner (entre autre) le bonheur.

A ce suffixe -ie vient s'ajouter -va, avec affermissement vocalique (-ie > -), soit au final --va.

On retrouve un autre exemple de cet affermissement dans la phase conceptuelle majeure suivante, celle des Etymologies, où l'on retrouve le terme Huinéva, issu de huine 'deep shadow' (Ety:382).
Voir également Mindon Eldaliéva (Silm:59), Turmen Follendiéva et Turmen Hyallondiéva (PE17:28 ), róma Oroméva (Q&E:368 ). Ce qui démontre (s'il était besoin) que ce terme fait clairement parti du « noyau dur » .
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#7
Et comment on dit « Francis Lalanne » en sindarin ? Mr. Green
The gods forgot they made me, so I forget them too
I listen to the shadows, I play among their graves
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#8
(18.06.2011, 10:21)Eremal a écrit : J'aimerais aussi ajouter un petit quelque chose pour personnaliser le terme, peut-être en ajoutant une connotation à la nature ou à la paix.

kalaina (-ea) serene. [PE12:44]

Soit Mar Kalaina Valdiéva.

A noter que ma proposition de forme Valdiéva peut être remise en cause sur la base des autres termes de la racine, à savoir (PE12:99) :

VALA-
Valar or Vali plural. “The happy folk”, Ainuand their attendants.
valin or valima happy.
Valinor, Valinōre “Asgard”.
Valon or Valmo (u) m. sing.
Valis or Valde (i) f. sing.
vald- good fortune, blessedness, happiness.
Valpio the holy cheny of Valinor.

Pour ma défense je peux rappeler l'existence de la forme Valde (ci-dessus). Ce à quoi il pourra m'être rappelé l'existence de nombreuses autres formes en vald- avec une signification et une racine différente, à savoir (PE12:102) :

VḶŘḶ
vildin it matters, is of significance, worth, moment, etc.
valda worth, worthy, dear.
valdea of moment, important.
{vil(d). vil matter, business, affair, thing.}
vildima essential, imperative.

Ce à quoi je peux objecter le fait que Tolkien a toujours aimé faire usage d'homonymes.

Bref, on peut en parler longtemps, mais à mon sens la forme Mar Kalaina Valdiéva est pertinente, car :
1) elle est grammaticalement justifiée,
2) elle rappelle fait une référence poétique au Livre des Contes Perdus,
3) sa forme est encore plus proche de la Mar Vanwa Tyaliéva de Vaire et Lindo.

(18.06.2011, 13:26)Meneldur a écrit : Et comment on dit « Francis Lalanne » en sindarin ?

Le message posté serait nécessairement trop long et il faudrait craindre le fatal error qui pourrait irrémédiablement planter le forum.
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#9
(18.06.2011, 13:11)Lomelinde a écrit : La terminaison que j'ai appliquée se décompose en --va.
Elle contient tout d'abord le suffixe -ie, qui est un suffixe employé dans la formation de nombreux noms désignant des choses abstraites (comme le bonheur par exemple).

[...]

J'ai choisi de créer le terme valdie car le radical vald- seul ne peut être employé en l'état comme nom pour désigner (entre autre) le bonheur.

Justement, c'est bien là que je ne suis pas d'accord. Dans le PE 12, p. 99, vald- est glosé par good fortune, blessedness, happiness « bonne fortune, bénédiction, bonheur ».

Comme le suffixe anglais -ness le montre, c'est déjà un nom abstrait. Donc rajouter un suffixe pour créer un mot **valdie non attesté ne sert à rien, si ce n'est à s'écarter de ce qu'a écrit Tolkien. En tant que mot isolé, je parierais plutôt sur *val (cf. valin « joyeux ») ou à l'extrême rigueur sur *valde. En tant que composé, le radical est très clairement vald- et rien d'autre.

Il ne faut pas croire que tous les abstraits se forment suivant le même principe en q(u)enya. Comme toute langue naturelle, beaucoup de mots, et notamment les plus basiques, ne se forment pas suivant des règles immuables. C'est cette tendance à la simplification qui est le principal problème du néo-quenya.
Rollant est proz e Oliver est sage.
Ambedui unt merveillus vasselage :
Puis que il sunt as chevals e as armes,
Ja pur murir n’eschiverunt bataille.
La Chanson de Roland
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#10
Smile 
(18.06.2011, 14:06)Elendil a écrit : Il ne faut pas croire que tous les abstraits se forment suivant le même principe en q(u)enya.

Et c'est bien le sens de mon propos, sans quoi je n'aurais pas indiqué que le suffixe -ie « est un suffixe employé dans la formation de nombreux noms désignant des choses abstraites » mais « est un suffixe employé dans la formation des noms désignant des choses abstraites » (sans introduire l'éventualité qu'il existe d'autres formations)...

(18.06.2011, 14:06)Elendil a écrit : Comme toute langue naturelle, beaucoup de mots, et notamment les plus basiques, ne se forment pas suivant des règles immuables. C'est cette tendance à la simplification qui est le principal problème du néo-quenya.

En effet et tes propos sont très intéressants. Pour autant tout cela demeure spéculatif (des deux bords s'entend).

Quoiqu'il en soit, pour aller au plus simple et au plus sûr, la forme Mar Kalaina Valduva sera effectivement préférable, et elle aura au moins l’intérêt de nous mettre d'accord, au profit d'Eremal (du moins si tu es d'accord avec moi, Elendil, sur l'adjectif kalaina).

Mais, borné que je suis, je demeure persuadé que la forme Valdiéva est digne d'être étudiée et démontrée. Wink
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#11
Je n'ai rien contre kalaina, tu t'en doutes.

Et, certes, on pourrait examiner plus à fond la probabilité qu'une forme valdiéva soit possible, mais cela serait compliqué. Car il te faudrait trouver un radical qenya traduit par un nom abstrait qui possède un dérivé en -ië ayant exactement la même signification. Ce n'est pas impossible qu'il y en ait, mais ça me semble toutefois relativement improbable.
Rollant est proz e Oliver est sage.
Ambedui unt merveillus vasselage :
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#12
(18.06.2011, 13:26)Meneldur a écrit : Et comment on dit « Francis Lalanne » en sindarin ? Mr. Green

Laughing
J'y ai pensé dès que j'ai vu le titre du thread... mais j'arrive trop tard Mr. Green

I.
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#13
Et donc que signifie kalaina ?
Après avoir été voir sur quelques sites et regardé dans le Silmarillion j'ai vu aussi les mots alda - arbre, londë - havre et lindë - chant.
Loin de moi de mettre en doute les possibilités valdieva/valduva, et dans le but de trouver un mot qui "chante" bien en français (je ne suis malheureusement qu'un pauvre humain français ^^ dont le goût de l'esthétique du langage est forcément influencé par ma langue native) j'envisageais avec kalaina les termes :
  • Mar [kalaina] Valdalindë (car les arbres y sont heureux et ils le chantent à chaque fois qu'il y a du vent)
  • Valdalondë - est-ce approprié pour une demeure ou peut-on utiliser le terme londë - havre au sens abstrait ?
  • Mar [kalaina] Valdalondë (c'est peut-être un peu redondant entre Mar et londë)
Qu'en pensez-vous ?
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#14
(19.06.2011, 12:56)Eremal a écrit : Et donc que signifie kalaina ?

Kalaina fait référence à la sérénité, cf. le 3ème message de Lomelinde, ci-dessus Wink
Demons run when a Good Man goes to war.
Night will fall and drown the sun
When a Good Man goes to war.
Friendship dies and true love lies.
Night will fall and the dark will rise
when a Good Man goes to war.
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#15
Il ne faut surtout pas regarder dans le Silm. lui-même. Les propositions de Lómelindë et les miennes se basent sur le qenya, la toute première version de la langue des Hauts-Elfes. En cinquante ans, le qenya, devenu quenya, a pas mal changé ! Donc c'est l'un ou l'autre...

À noter tout de même que mar est un des termes restés inchangés tout du long.
Rollant est proz e Oliver est sage.
Ambedui unt merveillus vasselage :
Puis que il sunt as chevals e as armes,
Ja pur murir n’eschiverunt bataille.
La Chanson de Roland
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