10.09.2020, 20:42
Les comptines comme moyen mnémotechnique ?
Je n'y avait pas pensé, mais ça me plaît.
Bon, maintenant, de l'origine des prophètes:
Une des tantes de Mardil, Ioreth vit à Tharagrondost. C'est là bas, en montant sur un des sommets de l'Andrast que se trouve un point de vue d'où l'on pouvait apercevoir par temps clair la pointe du Meneltarma, de la terre bénie de Númenor. Ioreth garde entre autre choses la mémoire de ceux qui ont rencontré le Pèlerin Gris.
Ce vieil homme, car ce n'est pas un Elfe et il ne semble pas, au vu des siècles passés que ce soit un simple homme ; ce sage va et vient dans les terres de l'ouest, libre de toute attache, souvent porteur de mauvaises nouvelles mais toujours encourageant. Car pour qui sait l'accueillir avec attention, les mots de sa bouche sont comme le souffle qui vient ranimer les braises endormies du foyer, qu'on les entende de vive voix ou qu'elles jaillissent d'une mémoire. Le premier ancêtre de Mardil a avoir rencontré ce sage est la mère de son arrière grand père. Certaines de ses sentences ou de ses réponses sont conservées précieusement dans la famille :
« L'horizon à l'ouest s'est courbé, jusqu'à rattraper dans sa chute celui de l'est. Ce n'est plus tant au loin que doivent se porter vos regards et votre langueur, mais au cœur qu'il faut diriger vos efforts. »
« Voici qu'une sombre menace rôde. De lourds nuages de cendres s'élèveront-ils de nouveau d'Orodruin ? Gardez une constante vigilance aux portes du Mordor, ainsi qu'à celle de vos lèvres et de vos cœurs. »
« Veillez à ce qui reste de braises dans vos cœurs ne s'éteigne pas ! N'oubliez pas la vive flamme qu'Eärendil porte au front. Vivez du feu qui brûla Beren et Luthien. Il se pourrait que vous ayez été choisi... »
et enfin:
Ioreth garde aussi la mémoire d'un événement fondateur pour la famille. Vers l'an mille du troisième âge, Ciryaher, grand père de l'arrière grand père de Mardil se tenait sur une hauteur de l'Andrast, scrutant l'horizon tant de ses yeux qu'avec la force de son âme. En ce lieu béni, on pouvait apercevoir jadis émergeant d'une lointaine brume la pointe du Meneltarma, sommet sacré de Númenor. Mais une vague gigantesque s'était levée, balayant l'orgueil devenu démesuré des Hommes de l'ouest. La Voie Droite fut alors coupée, les Puissances abandonnèrent les Fidèles et les autres hommes à leur sort. Il ne resta plus que le souvenir de l'Un, béni-soit-Il !
Ce jour là donc, Ciryaher scrutait à l'ouest cet horizon qui s'était courbé, chantant pour lui-même à voix basse quelque vieux lai des jours anciens. De ce replat rocheux, accessible seulement à d'habiles grimpeur, on contemplait l'Andrast, cette ultime extrémité du sud-ouest de la Terre du Milieu. À quelques cent pieds plus haut se dressait, inaccessible sur son aiguille rocheuse, l'aire d'un grand aigle. Très loin vers le nord, la montagne s'élançait, s'élargissait jusqu'à rejoindre l'Ered Nimrais. Derrière à l'est, on distinguait à peine dans la lumière du levant les plateaux du Pinath Gelin et la côte d'Anfalas. Mais d'en bas, tout en bas des pieds de Ciryaher montait le murmure des vagues. Une brise de mer au goût salé qui en ce lieu seul parvenait jusqu'au sommet, où mer et ciel se rejoignent.
Et il la vit. minuscule et étincelante, blancheur immaculée portée par une vague, ni écume ni nuage. Poussée, gonflée par le vent, à l'endroit même où se tenait autrefois Númenor ; une voile.
« La Voie Droite est à nouveau ouverte, Illúvatar n'a pas oublié ses enfants ! »
Mer, ciel et chant s'élevèrent de concert.
Je n'y avait pas pensé, mais ça me plaît.
Bon, maintenant, de l'origine des prophètes:
Une des tantes de Mardil, Ioreth vit à Tharagrondost. C'est là bas, en montant sur un des sommets de l'Andrast que se trouve un point de vue d'où l'on pouvait apercevoir par temps clair la pointe du Meneltarma, de la terre bénie de Númenor. Ioreth garde entre autre choses la mémoire de ceux qui ont rencontré le Pèlerin Gris.
Ce vieil homme, car ce n'est pas un Elfe et il ne semble pas, au vu des siècles passés que ce soit un simple homme ; ce sage va et vient dans les terres de l'ouest, libre de toute attache, souvent porteur de mauvaises nouvelles mais toujours encourageant. Car pour qui sait l'accueillir avec attention, les mots de sa bouche sont comme le souffle qui vient ranimer les braises endormies du foyer, qu'on les entende de vive voix ou qu'elles jaillissent d'une mémoire. Le premier ancêtre de Mardil a avoir rencontré ce sage est la mère de son arrière grand père. Certaines de ses sentences ou de ses réponses sont conservées précieusement dans la famille :
« L'horizon à l'ouest s'est courbé, jusqu'à rattraper dans sa chute celui de l'est. Ce n'est plus tant au loin que doivent se porter vos regards et votre langueur, mais au cœur qu'il faut diriger vos efforts. »
« Voici qu'une sombre menace rôde. De lourds nuages de cendres s'élèveront-ils de nouveau d'Orodruin ? Gardez une constante vigilance aux portes du Mordor, ainsi qu'à celle de vos lèvres et de vos cœurs. »
« Veillez à ce qui reste de braises dans vos cœurs ne s'éteigne pas ! N'oubliez pas la vive flamme qu'Eärendil porte au front. Vivez du feu qui brûla Beren et Luthien. Il se pourrait que vous ayez été choisi... »
et enfin:
Ioreth garde aussi la mémoire d'un événement fondateur pour la famille. Vers l'an mille du troisième âge, Ciryaher, grand père de l'arrière grand père de Mardil se tenait sur une hauteur de l'Andrast, scrutant l'horizon tant de ses yeux qu'avec la force de son âme. En ce lieu béni, on pouvait apercevoir jadis émergeant d'une lointaine brume la pointe du Meneltarma, sommet sacré de Númenor. Mais une vague gigantesque s'était levée, balayant l'orgueil devenu démesuré des Hommes de l'ouest. La Voie Droite fut alors coupée, les Puissances abandonnèrent les Fidèles et les autres hommes à leur sort. Il ne resta plus que le souvenir de l'Un, béni-soit-Il !
Ce jour là donc, Ciryaher scrutait à l'ouest cet horizon qui s'était courbé, chantant pour lui-même à voix basse quelque vieux lai des jours anciens. De ce replat rocheux, accessible seulement à d'habiles grimpeur, on contemplait l'Andrast, cette ultime extrémité du sud-ouest de la Terre du Milieu. À quelques cent pieds plus haut se dressait, inaccessible sur son aiguille rocheuse, l'aire d'un grand aigle. Très loin vers le nord, la montagne s'élançait, s'élargissait jusqu'à rejoindre l'Ered Nimrais. Derrière à l'est, on distinguait à peine dans la lumière du levant les plateaux du Pinath Gelin et la côte d'Anfalas. Mais d'en bas, tout en bas des pieds de Ciryaher montait le murmure des vagues. Une brise de mer au goût salé qui en ce lieu seul parvenait jusqu'au sommet, où mer et ciel se rejoignent.
Et il la vit. minuscule et étincelante, blancheur immaculée portée par une vague, ni écume ni nuage. Poussée, gonflée par le vent, à l'endroit même où se tenait autrefois Númenor ; une voile.
« La Voie Droite est à nouveau ouverte, Illúvatar n'a pas oublié ses enfants ! »
Mer, ciel et chant s'élevèrent de concert.
La lumière n'indique pas le bout du tunnel, c'est la lanterne de celui qui comme toi, cherche à sortir.