29.12.2014, 14:39
(29.12.2014, 13:19)Bwulf a écrit : Régis Boyer y présente les caractéristiques principales des sagas, avant même d'en avoir présenté les différents types ; je suppose donc qu'il parle des caractéristiques propres à toutes les sagas.
Or, il dit qu'elles présentent une vision du monde réaliste et "très, très rarement épique"... Le registre épique n'est-il pas justement le principe des sagas légendaires ? (Du moins dans la Völsunga, que je suis en train de lire). Ma question est la suivante : quand il donne cette caractéristique, parle-t-il des sagas en général ou les légendaires sont exclues ?
Je pense qu'ici, Boyer parle de toutes les sagas, par opposition aux autres genres de littérature médiévale islandaise (ex : poèmes scaldiques) et à la chanson de geste. De fait, je ne trouve pas que le registre épique tienne une part si importante que ça dans la Völsungasaga (pourtant une des plus mythologiques) quand on la compare, par exemple, à la Chanson de Roland.
(29.12.2014, 13:19)Bwulf a écrit : De plus, aux mêmes pages, il dit : "ce qui définit la saga, c'est avant tout son style rapide, sobre, économe de ses moyens, comme pressé de courir à son terme" (ce que j'ai bien remarqué dans la Völsunga, en particulier dans la description des batailles). Et quelques paragraphes plus loin, lorsqu'il veut montrer que saga et épopée sont deux styles de récits différents : "l'épopée obéit aux deux règles de la simplification et du grossissement, ce qui est très peu souvent le cas de la saga, laquelle, au contraire, est souvent appliquée à suivre le menu détail de nos errements et refuse l'outrance."
A moins que j'aie mal compris sa pensée, n'est-ce pas un peu contradictoire de commencer par dire que la saga ne va pas dans le détail pour finir par expliquer que la saga va dans le détail contrairement à l'épopée ?
Ce n'est pas tout à fait ça : Boyer signale que la saga reste sobre en ce qu'elle n'use qu'exceptionnellement d'artifices rhétoriques, d'adjectifs qualifiant les actes qui se déroulent, d'interventions du narrateur... En revanche, elle met l'accent sur un certains nombre de détails du quotidien qu'on ne trouve pas toujours dans d'autres littératures médiévales (ex : romans arthuriens, où on peut bel et bien observer la simplification et le grossissement dont parle Boyer).
En revanche, je ne suis pas toujours d'accord avec Boyer quand il s'efforce de démontrer l'originalité absolue des sagas dans la littérature médiévale, notamment du fait que certaines chansons de geste participent du même souci d'historicité qui conduit leurs auteurs à faire mention des détails de la vie quotidienne (ex : Garin le Lorrain).
Rollant est proz e Oliver est sage.
Ambedui unt merveillus vasselage :
Puis que il sunt as chevals e as armes,
Ja pur murir n’eschiverunt bataille.
— La Chanson de Roland
Ambedui unt merveillus vasselage :
Puis que il sunt as chevals e as armes,
Ja pur murir n’eschiverunt bataille.
— La Chanson de Roland