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Le Fléau de Durin
#1
Le Fléau de Durin

Quand le Monde était jeune, bien avant que les Hommes mortels et les éternels Eldar ne le peuplent, les Esprits de la Grande Musique descendirent sur la Terre, prirent forme et substance et devinrent les Dieux d’Arda.
Le plus grand d’entre eux, Melkor, un être de Lumière comme ses frères, se rebella contre le Créateur et tomba du firmament. Sa colère le fit s’embraser, et dans la fournaise de sa propre haine, il chuta dans les Ténèbres et devint celui que les Elfes nomment Morgoth, le Noir Ennemi.
Ce fût lui qui déclencha la Première Guerre, bien avant que les enfants d’Illuvatar ne naissent et ses plus terribles créatures furent des Démons, des Esprits divins mineurs, qui abandonnèrent la lumière et devinrent semblable à lui dans sa corruption : « Leurs cœurs étaient de feu mais ils étaient vêtus de ténèbres ». On les nomma les Balrogs, les Démons de Puissance.
Durant des millénaires, ils semèrent la terreur et la mort sur Arda, jusqu’à la Dernière Bataille, la Guerre de la Grande Colère, qui vit les Dieux assaillir Morgoth et triompher des Ténèbres. Durant cette bataille, les Balrogs furent pratiquement tous détruits…
A l’exception d’un petit nombre qui s’enfuit dans l’ombre.
Durant plus d’un Age, on ne parla plus de ces créatures, dont le souvenir se perdit…
Malheureusement, en l’année 1980 du Troisième Age, les Nains du Roi Durin VI, souverain de Khazad-Dûm, creusèrent trop profond dans leurs recherches de richesses. L’avidité leur couta la vie, quand ils réveillèrent un Balrog de Morgoth et la cité naine, abandonnée, fût renommée Moria, le Gouffre Noir.

Bien peu s’y rendirent dans les années qui suivirent…
Mais, en l’an 3019 du Troisième Age, alors que les forces de Sauron, le plus grand serviteur de Morgoth, se préparaient à envahir une fois de plus la Terre du Milieu, un groupe d’aventuriers pénétra dans la Moria et là eut lieu l’un des plus importants hauts faits de cette époque.
C’est cette affrontement impensable qui va vous êtes racontés.
La Communauté de l’Anneau, un groupe de héros accompagnants le porteur de l’Anneau Unique, espéraient libérer la Terre du Milieu du Mal, en l’emportant dans le pays de Sauron pour le détruire.
Lors de leur quête, ils furent menés par un magicien du nom de Gandalf le Gris, jusque dans les profondeurs de la Moria…
Ils venaient juste de repousser un groupe d’Orcs, créatures abominables à la solde de Sauron, quand Gandalf leur ordonna de le laisser tenir la porte par laquelle ils arrivaient : « Les épées ne servent plus à rien ici » lança-t-il à l’adresse d’Aragorn, son second.
Le Magicien resta seul dans la salle où la Communauté avait combattu peu de temps auparavant.
Il concentra ses pouvoirs pour jeter un sort de fermeture sur la porte qui le séparait des ignobles créatures.
C’est à cet instant qu’il sentit qu’autre chose venait de paraitre et s’avançait parmi les Orcs. Il fût étonné de les entendre prononcés le mot « Ghâsh » qui signifie feu. Puis ils se turent et la terreur qu’il ressentit chez ses monstres le rempli d’effroi.
Gandalf ressentit le nouvel arrivant s’emparer de l’anneau de fer sur la porte, percevoir le sort lancé et contre attaquer avec une magie d’une puissance au moins égale à la sienne. Cela fût comme un coup de marteau sur sa tête et le choc faillit le briser. Il se vit contraint d’employer un sort de Commandement, mais l’affrontement de la magie de Gandalf, contre celle de son maléfique adversaire, eut un effet désastreux. Dans un éclair de lumière blanche aveuglante, la porte vola en morceaux de bois et d’aciers.
De larges fissures se déployèrent dans la salle toute entière mais il pût discerner un instant son ennemi : cela ressemblait à une masse de ténèbres qu’aucunes lumières ne pouvaient éclairer. Puis tous disparut dans un éboulement de pierre le Magicien fit volte-face pour rejoindre le reste de la Communauté.
Il descendit les escaliers que ses amis venaient d’emprunter et s’effondra de tous son long. Le duel de sortilèges l’avait épuisé plus que lui-même ne l’aurait imaginé.
Il se releva péniblement et ils continuèrent ensemble leur fuite de la Moria.
Dans leur course, ils rencontrèrent une grande fissure dans le sol d’où émanait une forte lumière rouge. Des flammes la léchaient et des volutes de sombres fumées tournoyaient dans les airs. La chance voulu que leur route les amena de l’autre côté de celle-ci et qu’elle les séparait à présent de leurs poursuivants.
De leur côté, un pont de pierre long mais étroit menait à la sortie de la Moria. Il surplombait un gouffre sans fin.
Ils n’eurent d’autre choix que de passer en file indienne, sous les déluges de flèches que tiraient les Orcs les ayant rattrapés, mais qui restaient bloqués par le feu.
Legolas, l’Elfe de la Communauté se retourna pour décocher une flèche à son tour quand il poussa un hurlement de terreur et resta paralyser.
A ce cri, tous se retournèrent et découvrirent un terrifiant spectacle :
Deux monstres, beaucoup plus grands que les Orcs s’avançaient. Leurs chaires noires étaient recouvertes d’écailles vertes. Les Trolls portaient des dalles de pierre pour s’en servir de passerelle par-dessus la fissure enflammée.
Mais la crainte de voir leurs ennemis la traversée pour les assaillir n’était rien en comparaison de la véritable source de leur terreur…
Les Orcs hurlaient et se désorganisaient dans leur panique, laissant place à un nouvel arrivant : un nuage de Nuit.
Il s’agissait d’une masse d’ombre, au cœur de laquelle se devinait les contours d’un colosse noir à la silhouette humaine mais plus grande et plus massive.
Elle s’avança jusqu’à la fissure et la lueur rougeoyante disparut sous les ténèbres. Puis, elle fit un bond par-dessus et une chose incroyable se produisit : les flammes s’élevèrent en ronflant, comme attirées par elle, et l’enveloppèrent, la transformant en un mélange d’Ombre et de Flamme et encore plus de fumée noire émana d’elle, tandis que ce qui ressemblait à une mèche s’embrasa derrière elle.
Une épée, telle une langue de feu rouge ainsi qu’un fouet à multiples lanières lui servaient d’armes.
« Aie, Aie, Aie, un Balrog, un Balrog est arrivé » gémit Legolas.
Gimli, le Nain sans peur qui les accompagnait, laissa tomber sa hache et se couvrit les yeux, emplis d’effroi. Il ne parvint qu’à prononcer les mots : « le Fléau de Durin ».
Seul Gandalf résista à l’horreur qui émanait du monstre.
Il se murmura à lui-même « Un Balrog, je comprends maintenant… »
Il chancela et s’appuya sur son bâton « Quelle mauvaise fortune, et je suis déjà fatigué »
Le monstre s’avança en direction de la troupe. Ils purent alors l’apercevoir plus clairement à travers la fumée qui émanait de lui :
Sa silhouette était celle d’un affreux Démon, aux cornes protubérantes et au faciès terrifiant, mais tous dans sa matière semblait être de ténèbres embrasés et le feu dégoulinait à chacun de ses pas, formant des flaques de lave rongeant la pierre.
Le cor de l’un des Hommes accompagnant la Communauté retentit et l’hésitation frappa l’Ombre ardente.
Gandalf en profita pour leur donner la chance de s’enfuir « Par le Pont ! Fuyez ! C’est là un ennemi qui dépasse vos pouvoirs à tous. Il me faut tenir la voie étroite. Fuyez ! » Et il resta au milieu du Pont, face au Démon.
Le Balrog atteignit le pont à son tour, comme le Magicien Gris tenait son bâton d’une main et de l’autre, dégainait Glamdring, son épée, qui luisait, froide et blanche. Alors, un étrange phénomène eut lieu : La fumée sombre qui enveloppait le monstre se sépara en deux et se transforma en deux ailes ténébreuses. Son apparence parut se modifier légèrement, devenant encore plus atroce et le feu, rouge et malveillant, jaillit de ce qui ressemblait à des naseaux.
Face à tous ce Mal, Gandalf ne bougea pas d’un pouce et prononça des mots comme on lance un sortilège : « Vous ne pouvez passer.
Je suis un serviteur du Feu Secret, qui détient la flamme d’Anor. Le feu sombre ne vous servira de rien, flamme d’Udûn. Retournez à l’Ombre ! Vous ne pouvez passer. »
L’effet sembla immédiat, la lumière rouge s’éteignit, comme le feu qui dégoulinait du Balrog semblait être engloutit à l’intérieur de lui.
Cependant l’obscurité s’amplifia et en s’avançant, son corps de ténèbres sembla grandir, au point de devenir immense et menaçant, tandis que ses ailes d’ombres s’étendaient d’un mur à l’autre. Il était devenu si imposant, que Gandalf ne ressemblait plus qu’à un arbre desséché devant un orage.
Soudain, le feu rejaillit, sous la forme de l’épée rouge du Démon, qui émergea du nuage pour frapper le Magicien. Dans un éclair blanc, Glamdring vint à sa rencontre. Puis il y eu un cliquetis retentissant, elles s’entrechoquèrent et une flamme blanche illumina le Pont.
Au grand soulagement de la Communauté, ce fût le Balrog qui recula et trébucha tandis que son épée était pulvérisée, réduite en fragments fondus.
Mais Gandalf était tout autant choqué et il vacilla puis recula d’un pas, avant de reprendre l’équilibre pour se tenir immobile.
« Vous ne pouvez passer » reprit –il fermement.
Le Balrog fit tournoyer son fouet et il claqua en sifflant.
Alors le vieillard utilisa son dernier atout. Il leva son bâton et le fit retomber en criant d’une forte voie. Il frappa la pierre, se brisa en deux et déclencha une explosion de flammes blanches. Le pont craqua et se fissura avant de se briser sous les pieds ténébreux du Démon, l’entrainant dans le vide. Il poussa un cri terrible et, aux yeux de tous, le nuage de nuit disparut dans les profondeurs.
Mais, d’un ultime sursaut de rage, il fit tournoyer son fouet, qui alla s’enrouler autour des genoux de Gandalf et l’entraina vers le bord. Il tenta de s’accrocher vainement à la pierre, mais tomba à son tour dans le gouffre en hurlant à l’adresse de ses amis : « Fuyez, fous que vous êtes ! ». Ceux-ci parvinrent à fuir la Moria, victorieux, mais emportant avec eux un chagrin inconcevable.
A ce moment, l’histoire se scinde en deux. Nombreux sont ceux qui connaissent la destinée de la Communauté. Bien moins nombreux sont ceux qui savent ce qu’il advint de Gandalf et de son duel avec le Balrog. C’est ce dernier récit qui est à présent narré.
Son épée tenu fermement, le Magicien chuta dans les ténèbres, et le Balrog tomba avec lui. Le feu de la créature rejaillit de ses entrailles d’ombres et il saisit son adversaire qui fût brulé tandis que ses habits se consumèrent et sa chaire noircie. Il fût enlacé par le fouet enflammé, comme tous deux tombaient dans un abime sans fin, telle une étoile qui se serait décroché des cieux.
Gandalf fit appel aux pouvoirs cachés dans les tréfonds de son être et une grande lumière blanche jaillit hors de lui, détruisant le fouet qui l’enveloppait depuis le début de sa chute, et le réduisant en cendres. Il frappa avec son épée et Glamdring fût comme un éclair qui taillada la matière du Balrog, déchirant ses chairs ténébreuses et faisant jaillir de l’ombre enflammée.
Durant ce qui sembla une éternité, ils s’affrontèrent alors même qu’ils chutaient dans le vide, comme seuls des Demi-Dieux en seraient capables.
Cela dura jusqu’à que la lumière de Gandalf et le feu du Balrog éclairèrent un lac dans les profondeurs qui venait à leur rencontre.
Le choc de rencontrer l’eau après une telle descente aurait du se révéler mortel…
Mais pas pour le Magicien et son ennemi.
Ils s’enfoncèrent à l’intérieur et le feu qui entourait le Balrog comme celui qui provenait de son cœur, s’éteignit. Sa forme noire sembla se disperser comme de l’encre qui aveugla Gandalf pour qui tous fût obscur.
Le Magicien atteignit les fondements de la pierre et le monstre l’abandonna, pour quitter rapidement cette eau détestable qui aurait pu signifier sa perte.
Gandalf émergea pour découvrir un spectacle répugnant :
Au milieu d’une épaisse vapeur grise, une masse de boue noire et mouvante jaillit hors du lac pour ramper sur la berge.
Elle se tortillait atrocement et semblait se modifier pour tenter de reprendre une apparence. Elle n’y parvint que l’espace d’un instant et le Magicien pût reconnaitre les traits du Balrog, mais ceux-ci étaient instables et en constantes liquéfaction. Quelle qu’est été la matière incompréhensible dont il était issu, la perte de son feu l’avait réduit à une chose de limon et de vase.
Sur la berge, les deux antagonistes se firent face dans un duel où des puissances immenses furent déchainées.
Avec une célérité qui semblait impossible pour le monstre affaibli, il rampa jusqu’au Magicien et l’enveloppa de sa masse gluante, tentant de l’étouffer comme le ferait un serpent étrangleur.
Le vieil homme sentit ses poumons se compresser, son souffle lui manquer et comme l’épuisement l’avait déjà bien gagné, il faillit rendre l’âme.
Alors, Gandalf révéla sa véritable puissance…
Celle d’un Demi-Dieu envoyé par les Puissants pour contrer le Mal… Cette fois ci, ce fût lui qui s’enflamma dans une fournaise de feu blanc qui parcourut ses membres et brula la substance du Balrog, la faisant bouillonner, fondre et s’évaporer en une épaisse fumée noire.
Le monstre n’eut d’autre choix que de se retirer, comme un amas vaseux, et il subit à son tour les assauts du Magicien, dont l’épée était elle aussi parcourue de flammes. Sa matière fût tailladée et un immonde et épais ichor noir dégoulinait grassement de ses blessures.
Alors, un tentacule abominable jaillit de la mare sombre et vint fouetter Gandalf qui le trancha avec une grande vivacité.
L’appendice mort se dissolue en une flaque ténébreuse fumante.
Le vieillard ne se contenta pas de le taillader, il fit jaillir le Feu blanc d’Anor de ses mains et celui-ci enveloppa la chose. Cette fois, ce fût au tour du Démon d’être brulé et de ressentir une grande souffrance.
La matière informe se consuma en cendre et fumée, puis tenta de se cacher dans les ombres.
Gandalf le poursuivit et cet affrontement dura cinq longues journées, durant lesquelles le Magicien débusquait la créature, risquait de se faire étouffer, avant de le taillader et de le bruler.
Puis, il arriva un moment où le Balrog prit la fuite, trop affaibli pour continuer le combat.
Bien qu’épuisé, son adversaire poursuivit la bête, ne sachant que trop bien que s’il restait à l’arrière dans ce gouffre, il devrait affronter une multitude de choses innommables, plus anciennes et plus répugnantes que les Orcs.
Ainsi donc il le suivit à travers des tunnels, sa vitalité divine le gardant d’un épuisement qui signifierait la mort.
Après une longue journée de course, il découvrit que le Démon l’avait mené à un escalier de pierre très ancien et il l’emprunta.
Cette escalade aurait pût avoir raison de ses forces, car le Magicien courut deux jours et deux nuits sans jamais s’arrêter.
Or, le corps de vieillard était un leurre, abritant en réalité une Lumière divine presque invincible. Ainsi, même le fait de grimper sur un escalier infini se révéla reposant pour lui. En vérité, tout était préférable à un combat contre cette créature de stature égale à la sienne.
Tous du long de l’escalade, Gandalf se prépara, car il savait qu’il mènerait son ultime combat face au Balrog quand les marches prendraient fin et que l’affrontement qui s’en suivrait pourrait le mener à sa perte.
Ils atteignirent la tour de Durin taillé à même le roc. Une fenêtre unique donnait sur un large espace neigeux, surplombant les nuages.
Le soleil brillait fort et bien que ce fût une agréable nouvelle pour Gandalf, qui utilisa sa puissance bénéfique pour ré embraser le Feu qui l’habitait, ce fût également une triste déception.
Car ici il n’y avait ici point d’humidité, seulement une grande chaleur.
Le Balrog s’en servit et l’absorba, comme il l’avait fait des flammes de la fissure dans la Moria, quelques jours auparavant.
Sous le regard effaré du Magicien, le feu rouge de son être se ralluma et brula violemment. Sa substance boueuse sembla s’évaporer en une sombre et épaisse fumée qui l’enveloppa et lui ré octroya sa forme ténébreuse. Celle-ci paraissait encore plus grande et plus menaçante que précédemment. Sachant que c’était là qu’aurait lieu la dernière partie de leur duel, le Balrog utilisa son Ombre pour prendre une forme absolument atroce et qu’il n’est pas bon de décrire en détail. Tous ce qui peut être dit sont que ses traits monstrueux, ses cornes et ses appendices devinrent beaucoup plus longs et plus larges.
Alors les deux Semi-Divinités se livrèrent un ultime affrontement.
Deux lumières flamboyantes se faisaient face sur le Celebdil : l’une étant une radiance blanche, l’autre une sombre lueur rougeoyante.
Ils s’affrontèrent et se blessèrent méchamment, l’épée enflammée de Gandalf tranchant dans la matière ténébreuse, faisant jaillir du feu rouge et de la fumée noire, tandis que les griffes et la poigne de fer du Balrog, déchiraient les chairs du vieillard.
Ils s’affrontèrent ainsi durant deux jours…
Deux jours durant lesquelles ils se tailladaient et invoquaient leurs terribles magies, lançant des sortilèges aux effets terriblement dévastateurs. Une nuit profonde tomba quand le Balrog en appela aux forces ténébreuses, recouvrant le lieu du duel d’un sombre nuage orageux.
Mais Gandalf tira profit de tous cela, son maitre étant le Dieu des Airs, il invoqua les éclairs qui percèrent l’ombre, pour aller s’écraser contre le Démon.
Ils rebondirent sur lui, brisées en langues de feu, mais pas sans l’avoir grandement affaibli : ses contours devenaient plus flous, comme s’il n’en avait plus vraiment la maitrise et son feu et son ombre commencèrent à s’évaporer en vapeurs rouges et en fumée noire.
La neige réchauffé s’éleva en buée et se mélangeant avec la substance s’épuisant du Balrog, forma un rideau de brume aveuglant les deux combattants qui frappaient à présent à l’aveuglette, tant par le fer et le feu, que par les sortilèges.
De nouveaux les éclairs tombèrent, frappant au hasard, touchant parfois le Balrog, parfois des endroits non souhaités. La tour de Durin, calcinée par les assauts, tomba en cendres et pierres brulées.
Gandalf sentit l’épuisement final le gagner. Il sentit qu’il devrait bientôt mourir et retourner à son Dieu, au Royaume Bienheureux.
Mais, pleinement conscient que sa tache devait être accomplie, il déchaina toute sa puissance en une seule et dernière attaque.
Il invoqua tous ces sorts et les éclairs déchirèrent le Démon. Des débris de glaces acérées tombèrent comme de la pluie pour le déchiqueter, lacérant son feu et son ombre comme Glamdring le faisait dans le même temps.
Torturé à mort, il recula… Jusqu’au bord du pic rocheux.
Alors, Gandalf, invoqua un ultime éclair, qui transperça le Balrog, faisant jaillir un flot de flammes et de noirceur d’une blessure protubérante.
Le monstre vacilla et bascula…
Il tomba, comme un tourbillon de feu et d’ombre et, dans sa chute, il s’écrasa contre le flanc de la montagne, qui céda dans une avalanche de roche, de neige et de glace, tandis que son corps fût ruiné :
Il se brisa dans une déflagration de feu et d’ombre et ses traits s’estompèrent comme son corps de ténèbres fût réduit à une brume noire et informe qui se dissipa, tandis que ses flammes devenaient des braises s’éteignant en cendres emportées par un vent d’ouest.
Du haut de la montagne, le vieillard épuisé s’allongea dans la neige. Sa tâche accomplie, il se laissa aller à la fatigue et rendit l’âme.
S’il y avait eu un témoin, il aurait parlé d’une grande lumière blanche, radiante et chaleureuse, s’élevant du corps du Magicien, tandis que son corps devenait poussière…
Mais ce ne fût pas pour autant la fin de Gandalf, dont le véritable nom est Olorin, l’un des Demi-Dieux d’Arda.
Il retourna auprès du Maitre des Airs et Seigneur d’Arda, qui bien que fier de son courageux serviteur, le renvoya en Terre du Milieu, parmi les mortels, afin que sa quête soit achevée.
Et la Lumière Blanche revint sur le Celebdil, là où il avait succombé.
Elle se consolida en un nouveau corps, toujours celui d’un vieillard, mais beaucoup plus puissant qu’auparavant.
Gandalf le Gris n’était plus, car à présent il se nommait Gandalf le Blanc et son destin le pousserait à accomplir d’immenses prouesses qui ne sont pas narrées dans ce texte…
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#2
J'aime bien, c'est beaucoup plus détailler que l'oeuvre original.
En plus j'ai enfin apprit comment s'appelle cette tour.^^
"Je donne l'espoir aux hommes..." Elrond
"Moi je n'en ai pas." Aragorn
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#3
C'est mieux! Bon retour sur Tolkiendil Smile

Réécrire Tolkien (environ la moitié du récit) n'était pas nécessaire (Legolas dit "Aïe, Aïe" et non "Aie, Aie, Aie").
Ton écriture est soignée et la syntaxe très bonne. Mais le vocabulaire constamment pyrotechnique fait que je me crois au cinéma, devant un grand spectacle. Il n'y a pas de pause, et quand une action se termine, ça continue en fait. C'est aussi provoqué par les très nombreux retours à la ligne, qui devraient à chaque fois montrer un nouveau retournement de la situation (="Alors Gandalf révéla sa vraie puissance"), mais qui sont inefficaces, vu qu'on y est habitué.
Or tu n'exploites à nouveau pas toutes les possibilités du récit en écrivant "Ils s'affrontèrent ainsi pendant deux jours". Si tu devais écrire une nouvelle, sans l'introduction (qui est pas mal mais qui fait un peu intro de PJ, je pense que c'est voulu?) ni le résumé de Tolkien, c'est là que tu pourrais tirer de la substance, en créant des moments nouveaux avec ton imagination, non en mettant sur papier ce que l'on a déjà vu à l'écran et ce que l'on sait du propre résumé de Gandalf. Se sont-ils perdus, ont-ils arrêté avant de recommencer... a t-il cru perdre la bataille... etc. Tout ceci mettrait en valeur les moments d'action, que tu n'es pas obligé de diminuer, mais la littérature n'est pas que du pyrotechnique.

Tu confonds très souvent le passé simple "fut" avec l'imparfait du subjonctif "fût". Il fut embrasé.
Par ailleurs, je doute que Narya pût envelopper de chaleur le Balrog, mais ça n'est que mon avis.

Voilà, désolé si je suis trop dur Smile
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#4
Merci d'avoir pris la peine de me lire, pour commencer.

Je suis ravi qu'il t'es plu Dollodûin. Merci beaucoup de ton compliment sur le "détail" car c'est exactement mon intention.

Ensuite, j'apprécie ta critique Tikidiki et je vais te répondre :

D'abord tu n'as pas été trop dur, au contraire tu as dis ce que tu pensais.
Merci pour le compliment sur l'écriture et la syntaxe (commençons par le positif).
Pour le négatif : oui j'ai un style bien à moi et qui se définie de plus en plus avec le temps, et ce côté "pyrotechnique" est pour ainsi dire ma "marque de fabrique" sans laquelle je n'écrirais pas du tout. Donc ça m'est impensable de faire sans.Smile

Ensuite, je n'ai pas la prétention ni le désir d'écrire totalement dans le style de Tolkien (qui est très complexe et ultra travaillé). Mon but étant de créer et non de copier.

Par contre tu me dis de fabriquer des moments avec mon imagination, or c'est exactement ce que je fais en dotant de "feu blanc" Gandalf et en décrivant la manière dont je vois son combat avec le Balrog sous terre (qui est très légèrement décrit dans le livre, et n'est absolument pas présent dans le film).

Pour finir, c'est la liberté imaginative qui fait rend cet univers si riche. Or, les pouvoirs de Gandalf étant peu démontré dans le livre, chacun peut en faire ce qu'il veut tout en restant dans la "bonne direction".
Je précise que n'ai jamais voulu faire une seule référence à l'Anneau de Gandalf, le feu blanc étant, selon mon imagination, son pouvoir inné de Maia/Istar.

PS : Si il y a une chose de vexante : justement, je n'aime pas le travail de Peter Jackson lol Wink
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#5
Ah, en fait je voulais dire que ton prologue pouvait bien convenir à une intro de film, pas forcément PJ Smile

Pour ce qui est de la création, je suggérais de varier le rythme de ton récit (je crois que c'est plus clair avec ce terme...).

Je comprends tout à fait tes explications sinon. Pour le feu blanc, il me semble que la flamme d'Anor du livre est directement une référence au pouvoir de Narya, mais c'est un point de détail Smile.
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#6
Je rejoins Tiki : ses critiques sont assez pertinentes et je n'aurais su les exprimer plus clairement. Ma lecture a été assez rapide mais j'avoue avoir sauté tout le passage qui ré-écrit Tolkien :-S Je n'en vois pas trop l'intérêt.
Le déroulement est assez linéaire et ses concentre beaucoup sur le combat. C'est un choix, et après tout l'événement en lui-même est un combat, mais pourquoi passer sous silence l'aspect du lac où Gandalf et le Balrog se retrouvent ? Ou résumer l'escalade de l'escalier ainsi ?
Le récit est en tout cas un bon exercice, plutôt réussi. J'attends que tu nous propose plus surprenant et moins classique la prochaine fois maintenant que tu t'es fait la main Smile

Tu parle de "dieux" pour les Valar et de "demi-dieux" pour les Maiar. Sache que Tolkien a changé d'avis par rapport à cela il me semble : les Valar et Maiar sont, dans sa conception finale, plus proche des anges (et démons pour les Balrogs) que des dieux Wink

Juste une question : si la tour de Durin est au-dessus des nuages pourquoi y a t-il de la neige dessus ? Ce devrait être uniquement de la glace, non ? (après je suis pas météorologue).

Bonne continuation Smile
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#7
Même dans les textes tardifs, Tolkien parle occasionnellement de dieux, généralement quand il se place du point de vue humain. Par contre, il n'utilise à ma connaissance jamais le terme de demi-dieux, et pour cause : les demi-dieux des Grecs sont fruits d'une passade entre un dieu et un mortel, pas des dieux de moindre ampleur. En fait, la seule qui puisse prétendre au titre dans le Légendaire, c'est Lúthien (et vu ses pouvoirs magiques, ce ne serait pas volé). J'excepte évidemment les Araignées fruits d'Ungoliant, qui se classent plus facilement parmi les monstres.

Même au-dessus des nuages (des nuages bas, en tout cas), il y a de la neige en montagne : les cirrus peuvent monter jusqu'à 14 000 m d'altitude.
Rollant est proz e Oliver est sage.
Ambedui unt merveillus vasselage :
Puis que il sunt as chevals e as armes,
Ja pur murir n’eschiverunt bataille.
La Chanson de Roland
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#8
Merci à tous d'avoir lu mon texte.

Pour commencer par le plus simple, c'est un choix personnel de parler de Dieux et Demi-Dieux, car tous le monde comprend et je ne m'adresse pas seulement aux puristes. Sinon j'aurais employé des thermes beaucoup plus complexes. C'est d'ailleurs pour cette raison que j'ai choisi de parler des Balrogs comme des esprits adhérents à Melkor et non des monstres nés de lui (ce qui est le cas dans les dernières versions de la légende écrites par Tolkien, comme des premières d'ailleurs)
Je tiens donc à préciser (pas pour me lancer des fleurs, juste pour situer) que j'ai un excellent pedigré en ce qui concerne la "Mythologie" ayant lu l'intégralité des livres de Tolkien dans leur version originale. Donc si il y a une erreur, il y a beaucoup plus de chances qu'elle soit volontaire plutôt qu'il s'agisse d'un oubli.

Enfin, oui ce texte servait à me faire la main, mais je tiens à prévenir tout de suite lol :les suivants seront dans le même style "cinéma" que celui là, bien que je pense m'attaquer à des passages plus flous, ceux du Premier Age.
Je tiens à préciser immédiatement que ces textes seront inspirés des dernières versions du Silmarillion plutôt que du "résumé" publié sous ce nom. Il s'agira principalement de celles de ce que je considère comme les ultimes sources de la mythologie de Tolkien, c'est à dire Morgoth's Ring et War of the Jewels.

En attendant, excellente journées à tous ceux qui ont aimés comme ceux qui n'ont pas apprécié mais on eu l'honneteté de me le direWink
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#9
Les Balrogs sont nés de Melkor dans les derniers écrits de Tolkien? J'ai donc raté un épisode?

Bon courage pour la suite et n'hésite pas à nous faire partager tes textes!
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#10
Sachant que Tolkien à réécrit constamment et toute sa vie le Silmarilion, oui. Mais il sont plutôt "crée" par Morgoth.
"Je donne l'espoir aux hommes..." Elrond
"Moi je n'en ai pas." Aragorn
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#11
(10.06.2013, 15:35)ludo1115 a écrit : C'est d'ailleurs pour cette raison que j'ai choisi de parler des Balrogs comme des esprits adhérents à Melkor et non des monstres nés de lui (ce qui est le cas dans les dernières versions de la légende écrites par Tolkien, comme des premières d'ailleurs)

(10.06.2013, 17:14)Tikidiki a écrit : Les Balrogs sont nés de Melkor dans les derniers écrits de Tolkien? J'ai donc raté un épisode?

Dans les dernières versions les Balrogs seraient nés de Morgoth ? Comme Tikidiki, j'ai l'impression d'avoir un doute, là. Pour une telle affirmation, je pense qu'une citation authentique s'impose, non ?

(10.06.2013, 15:35)ludo1115 a écrit : Je tiens donc à préciser (pas pour me lancer des fleurs, juste pour situer) que j'ai un excellent pedigré en ce qui concerne la "Mythologie" ayant lu l'intégralité des livres de Tolkien dans leur version originale.

Je veux bien croire que tu aies lu la totalité des HoMe. Mais tous les livres de Tolkien ? Là encore, l'ombre d'une hésitation m'effleure. Même Beowulf and the Critics et l'ensemble des Parma Eldalamberon ?
Rollant est proz e Oliver est sage.
Ambedui unt merveillus vasselage :
Puis que il sunt as chevals e as armes,
Ja pur murir n’eschiverunt bataille.
La Chanson de Roland
Répondre
#12
Bonjour Ludo,

Je te remercie pour ta nouvelle contribution à la section !
J'ai lu ta nouvelle avec attention car j'avais déjà partagé mes impressions avec toi lors de la première version que tu avais posté il y a quelques mois.
Tu te souviens peut-être que je trouvais cette première version trop courte... Et pourtant, (je suis désolé Sad ) je la préfère à la version plus détaillée que je découvre aujourd'hui !

En fait, comme Tikidiki, je m'interroge sur l'intérêt de réécrire toute une partie du livre (avec le problème que pose le fait d'intégrer des dialogues originaux à un résumé : privés du rythme narratif, ces dialogues me paraissent en effet un peu "forcés").

Cela reste naturellement subjectif ; tu es libre de choisir les procédés littéraires que tu souhaites Very Happy !

En revanche, il reste un gros travail de relecture à faire (confusions d’homophones, accords masculin/féminin, reprises anaphoriques) dont nous pouvons discuter si tu le souhaites (ici ou en MP).
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