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Erreurs de Tolkien
#1
Parce que même les meilleurs auteurs font parfois des erreurs.
Je ne souhaite bien sûr pas critiquer l'énorme travail de Tolkien, mais simplement relever les inévitables incohérences et y réfléchir.

La plus connue est sans doute celle décrite dans une des Lettres (Glorfindel parlant des étriers d'Asfaloth alors que les Elfes montent à cru).

J'en ai trouvé une autre (au bout de ma neuvième lecture en français, autant dire qu'elle était bien cachée, en tout cas pour moi): à Bree, Aragorn est d'abord décrit comme un homme "basané", puis son visage est décrit dissimulé sous un capuchon, puis il est décrit "pâle" quand il le retire.
Peut-être parce que Tolkien a hésité sur sa fonction au début de l'écriture du SdA? Ami, ennemi?

Si vous avez relevé d'autres erreurs, je serais ravie d'en discuter Smile
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#2
Je n'ai trouvé aucune référence au fait qu'Aragorn soit "basané" ; la seule phrase qui pourrait être (mal) interprétée dans ce sens est celle qui le montre entrer dans Bree : "a dark figure climbed quickly in over the gate and melted into the shadows of the village street". Mais ici, "dark figure" ne fait pas référence à la couleur de sa peau, mais au fait que sa silhouette est noire dans la nuit. Cela dit, j'ai pu zapper une autre phrase.

Je ne dirais pas que Tolkien a hésité sur la "fonction" de Strider / Trotter (si on entend par là son classement comme opposant ou adjuvant) : clairement, il était depuis le départ dans les adjuvants. Mais il a longtemps hésité sur sa nature (homme ou hobbit), sur son histoire et sur son nom, et donc sur sa fonction narrative générale.

En revanche, des "erreurs", il y en a beaucoup, même si un très grand nombre a été corrigé dans les éditions successives, et notamment dans l'édition du cinquantenaire préparée par Hammond et Scull en 2024 (pas toutes, cela dit, loin s'en faut). Ca dépend donc aussi dans quelle traduction tu le lis (ou dans quelle édition si c'est en anglais).
Point n’est besoin d’espérer pour entreprendre, ni de réussir pour persévérer.
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#3
Je me base sur Frodon remarquant un "homme basané", en train de fumer dans un coin de l'auberge, puis lui faisant signe et rejetant son capuchon en arrière pour révéler un visage "pâle et sévère".
J'ai la traduction de Ledoux, qui est en effet bourrée de fautes de frappe. Mais ici, je recherche surtout les erreurs de Tolkien lui-même (pas sûr qu'il y en ait autant!)
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#4
Bonjour Tinakë,

Sur toutes les questions de lexique, le mieux est toujours de recourir autant que possible à l'anglais pour ne pas surajouter les approximations éventuellement dues à la traduction (de Ledoux ou de Lauzon). Dans ce cas précis, la phrase est "Suddenly Frodo noticed that a strange-looking weather-beaten man, sitting in the shadows near the wall, was also listening intently to the hobbit-talk", ce que Lauzon traduit par "Soudain, Frodo remarqua qu’un homme d’allure étrange, marqué par les intempéries, prêtait également une oreille attentive à la conversation des hobbits." (Livre 1 Chapitre 9).
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#5
Entendu, merci pour cette précision qui en effet doit éviter pas mal de soucis Smile
(et je trouve ça quand même bizarre d'avoir traduit "strange-looking" par "basané")
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#6
je pense que ce n'est pas 'strange looking' qui est traduit par basané mais bien 'weather beaten' qui peut effectivement se comprendre comme 'halé ou basané'
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#7
On a peut-être plus l'habitude de voir "buriné" à la rigueur ?
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#8
Bien vu Smile Si tant est que le terme se rapporte au visage et pas à l'allure générale d'Aragorn.
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#9
(05.04.2026, 21:20)Tinakë a écrit : La plus connue est sans doute celle décrite dans une des Lettres (Glorfindel parlant des étriers d'Asfaloth alors que les Elfes montent à cru).

Rectifions et soyons précis : Tolkien évoque dans la lettre n° 211 le fait que les Elfes n'utilisent ni bride, ni mors pour leurs chevaux, alors que les termes étaient employés pour Asfaloth dans la 1re édition du SdA. Tolkien a corrigé la phrase dans la 2e édition pour évoquer désormais une têtière (décorative).

Il est vrai que Rhona Beare, la correspondante de Tolkien, évoque le fait que les Elfes n'emploient pas de selle, se fondant certainement sur une conversation entre Gandalf et Pippin, seul endroit où la question est mentionnée. Toutefois, l'échange est un peu plus complexe que ça (cf. SdA, III, 11) et dans sa lettre de réponse, Tolkien s'abstient de parler de selle ou d'étrier :

J.R.R. Tolkien a écrit :‘I did not know you rode bare-back, Gandalf,’ he said. ‘You haven't a saddle or a bridle! ’
‘I do not ride elf-fashion, except on Shadowfax,’ said Gandalf. ‘But Shadowfax will have no harness. You do not ride Shadowfax: he is
willing to carry you - or not.

Pippin évoque donc à la fois l'absence de selle et de bride, à quoi Gandalf répond qu'il ne monte pas "à la manière elfique", sauf avec Scadufax. Il y a deux interprétations possibles à cela qui ne sont pas contradictoires avec le fait qu'Asfaloth a une selle et des étriers :
1) En évoquant "la manière elfique" de monter, Gandalf répond uniquement sur l'absence de bride, et il élabore ensuite en expliquant pourquoi il n'a pas de selle non plus.

2) La "manière elfique" de monter est bien synonyme de "monte à cru", car seuls les Elfes sont réputés la pratiquer, mais il existe des cas où les Elfes eux-mêmes emploient selles et étrier. Deux possibilités alors :
(a) Le cas de figure le plus évident où une selle est nécessaire est la guerre, car pour avoir une assise ferme lorsque l'on frappe un ennemi avec une arme blanche depuis un cheval, il est essentiel d'avoir des étriers pour ne pas glisser. C'est la raison pour laquelle la cavalerie lourde n'apparaît qu'après l'invention de l'étrier et que dans l'Antiquité, la cavalerie ne joue qu'un rôle de harcèlement et d'avant-garde (notamment chez les Grecs ou pendant la période de la République romaine). Or Glorfindel est bien en mission de guerre lorsqu'il part avec Asfaloth et il poursuit les Nazgûl, il est donc logique qu'il ait une selle.

(b) Par "manière elfique", on entend en fait "manière des Elfes Gris" (Sindar), or Glorfindel est un des derniers seigneurs des Noldor, et il combat à cheval à la manière de son peuple, donc avec une selle.

Le cas 2(a) me semble le plus crédible, faute de précisions supplémentaires de Tolkien.
Rollant est proz e Oliver est sage.
Ambedui unt merveillus vasselage :
Puis que il sunt as chevals e as armes,
Ja pur murir n’eschiverunt bataille.
La Chanson de Roland
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#10
Il est également possible que Glorfindel, en quittant Imladris, ait anticipé le fait qu'il devrait laisser son cheval à quelqu'un d'autre.
Point n’est besoin d’espérer pour entreprendre, ni de réussir pour persévérer.
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