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Le Chant du bétail - L'Histoire de Kullervo - Version imprimable

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Le Chant du bétail - L'Histoire de Kullervo - Druss - 11.10.2026

Je souhaitais vous partager ma version du chant du bétail chanté par la Femme d'Asemo dans l'Histoire de Kullervo. La version originale de ce chant, ainsi qu'une traduction faite par Moraldandil est disponible sur JRRVF.

Sachez que ma propre traduction précède celle de Moraldandil (ainsi que celle de la traduction officielle par Aurélien Blanchard que je posterai dans un second temps). Comme eux, j'avais privilégié une traduction en octosyllabes (même si j'avais auparavant tenté en décasyllabes). Je n'ai pas remis le nez dedans depuis au moins 6 ans, donc les erreurs de traduction, s'il y en a, sont à prendre en compte à cette aune. (J'ai tenté de mettre la VO et la VF en regard dans un tableau, mais visiblement le code ne fonctionne pas).


Garde mes bœufs charmant Ilu
Loin des périls de la route
Qu’elles n’aillent point vers le danger
Ni ne tombent sur mauvais sort.
Si mon bouvier n’est pas très doué
Fait du saule alors un vacher
Laisse l’aulne veiller les bœufs
Et le sorbier les protéger
Le cerisier les ramener
Pour la traite dans le couchant.
Si le saule ne les rallie pas
Le sorbier point ne les protège
Et l’aulne ne les garde pas
Le guigner ne les ramène
Envoie tes meilleures gouges,
Envoie donc les filles d’Ilwinti
Pour garder mes bœufs du danger
Protéger mes bêtes cornues
Car nombreuses sont tes filles
À tes ordres en Manoine
Douées à rallier le blanc bétail
Dans les prairies bleues d’Ilwinti
Jusqu’à ce qu’Ukko les ait traies
Et abreuve Kēme l’assoiffée.
Venez vierges grandes et âgées
Puissantes filles du Paradis
Venez enfants de Malōlo
À l’appel puissant d’Ilukko
Ô [Uorlen ?] le plus sage
Loin du mal garde mon troupeau
Où les saules ne le feront plus
Au travers des marais tremblants
Où la surface ne remue
Et fonds avides avalent.
Ô toi Sampia la plus belle
Gaiement joue le cor de miel.
Où l’aulne ne les soigne plus
Met en pâture tous mes bœufs
Créé des fleurs sur les tertres :
Au timbre du cor de nectar
Rend belles ces landes frontalières
Enchante les forêts entour
Que mes bœufs aient pâtis et foin,
Fourrage doré en quantité
Et têtes d’herbes argentées.
Ô demoiselle de Palikki
Et Telenda son compagnon
Où le sorbier ne les soigne
Creuse à mes bœufs un puits d’argent
Sur les deux bords de la prairie
De tes pieds errants de magie
Fait jaillir les sources grises
Et les rus coulent rapides
Et vifs les cours des rivières
Entre les belles berges d’herbes
Pour abreuver de miel sucré
Que le troupeau puisse laper l’eau
Et le jus richement couler
De leurs pis gonflés et gorgés
Puisse le lait couler en rus
En de blanches buées mousser.
Mais Kaltūse avare amie
Et conjureuse de tout mal,
Où la nature ne les garde
Repousse au loin l’esprit malin
Qu’aucune main ne tire lait
Et sur le sol ne soit gâché
Que gouttes ne coulent en Pūlu
Et que Tanto n’en boive point,
Mais quand à la traite en Kame
Leurs flots de lait seront gonflés
Et leurs brochons déborderont
Mon cœur d’épouse se réjouira.
Ô Terenye fille de Samyan
Petite fille des forêts
Parée de beaux et doux atours
Et de ta belle coiffe d’or
De socques d’écarlate cuir,
Si le guigner ne les mène
Soit leur bouvier et leur berger.
Quand le soleil bas a sombré
Que chante l’oiseau de Veille
Alors que le soir approche
Parle aux créatures cornues
Dit viens donc bétail ongulé
Viens donc va donc vers la ferme.
En dedans il fait bel et bon
Le sol est doux pour le repos
Dans la boue il est mal d’errer
De mugir sur les rives nues
Des multiples lacs de Sutse.
Venez créatures cornues
Le feu la femme attisera
Dans le pré d’herbes emmiellées
Le sol embuissonné de baies

Lors demoiselle de Palikki
Et Telenda son compagnon
Bat-les d’un fouet de bouleau
Au genévrier mène-les
Loin du bétail de Samyan
Et des pentes sombres d’aulnes
Pour la traite dans le couchant.

Ô toi Uru ô mon chéri
Mon Pattemiel gérant le bois
Signons ensemble une trêve
Dans les beaux jours de cet été
Ce bel été du Créateur
Dans les jours du rire d’Ilu
Que tu dormes dans la prairie
Les oreilles fourrées de chaume
Ou cache-toi dans les taillis
Pour ne point ouïr les clarines
Ni point l’appel du bouvier.
Laisse sonnailler et mugir
Dans la lande carillonner
Qu’aucune folie ne te prenne
Ni de désir saisisse tes crocs.
Erre plutôt dans les marais
À la lisière de la forêt.
Perd ton grognement au hallier
Que ta faim attende saison
Quand en Samyan est le miel
À fermenter sur les versants
Des terres dorées de Kēme
Sous le fredon des abeilles.
Rendons cette ligue éternelle
Entre nous une paix infinie
Vivons en paix en cet été,
En cet été du Créateur.

Cette prière et tout ce chant
Ô Ukko monarque d’argent
Entend ma douce supplique.
Tiens la bride aux chiens de Kūru
Contient les choses sauvages
En Ilwe couche le Soleil
Et fait que les jours soient dorés.