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[Nouvelle] Une Partie de Pèche
07.07.2005, 00:29
Message : #1
[Nouvelle] Une Partie de Pèche
Je tiens ici à reprendre en partie une nouvelle que j'ai abandonné en partie il fut un temps sur la fuite du Roi Eldacar de Gondor.

La voici:

Une Partie de Pèche.

Le matin était clair dans les marais de l’Entwash. La brise de ce petit matin d’hiver venait à peine de se lever et déjà la lueur de la Soleil avait fait se lever la brume tout autour des joncs et des roseaux garnissant les alentours de Bouvières, comme on appelait le petit hameau jouxtant les tourbières. Les martins-pêcheurs qui habitaient dans les parages commençaient leur chasse matinale, à la recherche de quelques insectes pour leur alimentation et celle de leur progéniture.

Boronda, lui, affalé sur son lit après avoir passé la soirée de la veille à boire et à rire avec son frère, de passage chez lui, avait la joue droite écrasée sur le bout de traversin qui dépassait des couvertures dont il s’était servi pour recouvrir sa chevelure ébène et touffue. Sa femme, Rosila était debout, déjà préoccupé par la cuisine et tenait dans sa main un plateau de choux à la crème, dont trois de ses pâtisserie avaient d’hors et déjà disparues dans son estomac ne laissant plus sur sa bouche qu’une énorme auréole blanche de sucre glace et de crème.

Forond, quant à lui se retournait une nouvelle fois sur le sofa que Rosila et Boronda avaient installés en lit pour lui et sa femme. Un bruit sourd se fit alors entendre et résonna par delà les différentes cloisons de la cabane dont la majeure partie des murs de soutènement étaient en bois, et donc très peu isolant. Forond grimaça de douleur et se retourna une nouvelle fois. Il n’avait pas fermé l’œil de la nuit et avait souvent craint que la bâtisse ne supportasse pas les élans monstrueux des insuffisances respiratoires de son épouse.

Un nouveau ronflement surgit alors, et le jeune hobbit, l’aîné de sa famille de 7, dont Boronda était le cadet se retourna pauvrement de nouveau, n’ayant jamais réussi une seul fois à trouver un remède à cette horrible fléau qui lui prenait à chaque fois que son épouse et lui venaient visiter leur famille dans les marais.

En vain, il tenta une nouvelle fois de recouvrir sa tête de la grande couverture qui disparaissait à chaque fois de sa main, lorsque soudain un rayon de la lumière dorée du clair matin transperça la voûte des nuages encombrant le lointain pour lui atteindre l’œil en plein milieu de l’iris. Brouillé, il se leva soudainement du canapé laissant désormais toute la place disponible à sa tendre épouse.

Celle-ci laissa alors échapper un nouveau élan de vacarme assourdissant qui résonna dans toute l’intérieur des différentes pièces de la maison. Forond, encore un peu fatigué, et extrêmement affamé, se dirigea avec entrain vers la cuisine d’où il sentait provenir une appétissante odeur de crème vanillée. Cependant, à peine eut-il le temps de pousser le petit portillon en bois qui séparait le séjour et la salle à manger de la cuisine que la main de Rosila laissa tomber le dernier appareil au fond de son gosier, en exposant toujours le même sourire radieux et ravi.

Boronda son époux, était en effet quelqu’un de très haute réputation dans tous les alentours, car il était l’un des tailleurs les plus réputés, capables de raccourcir, mais surtout d’élargir tous les pantalons en un tour de main et d’aiguilles, et il arrivait fréquemment que de nombreux autres hobbits passent chez-eux, surtout après les fêtes dîtes de Noël, où l’habitude était toujours à beaucoup trop manger, et cela même selon les normes hobbites, ce qui s’apparentait à des repas plus que gargantuesques.

Ainsi, lorsque le pauvre Forond déboula dans la cuisine, il ne restait plus des petits encas à la crème, que leur délicieuse odeur de vanille entourant les lèvres de Rosila. Et, Forond, ne voulant pas risquer d’offusquer son frère en tentant de récupérer les derniers restes des desserts décida de se rabattre sur une grosse tarte au mûres qui traînait sur la table.

« Pas touche ! Gourmand ! C’est pour ton frère ! » Dit Rosila d’une voix sévère. « Pour toi ! J’ai prévu ceci, dit-elle en découvrant un cake à l’anis qui sortait tout droit du four et dont l’odeur avait fini par s’en aller chatouiller les narines de Boronda.

« Miam ! » Répondit de suite, Forond, qui raffolait des pâtisseries à l’anis et qui les dévorait si vite qu’on ne pouvait jamais en goûter ne serait-ce une miette tombée, et même Crispa, la chatte de Rosila, n’avait jamais eu en six ans d’existence l’occasion d’en trouver une traînant par terre.
« La Soleil se lève… Ce sera une belle journée ! » affirma Rosila d’un ton aussi ferme que pour la tarte, en découvrant les volets, tirant les rideaux et laissant entrer la lumière qui se propageait depuis l’extérieur en provenance d’un magnifique ciel azur.

« Cela nous fera du bien ! » Affirma Forond, terminant un gros morceau de cake. « Après la flopée de flotte que l’on se traîne depuis trois jours ! Tiens ! On aura eu raison de venir chez vous ! Une semaine de vacances, et pas encore un seul jour de pêche ! C’est catastrophique ! Ahhhhhh ! » Dit-il, laissant soudain s’évader un énorme bâillement alors même que les derniers restes du gâteau à l’anis avaient fini d’être englouti dans son ventre.

Puis, d’un pas pressé, et bien décidé à se rendre au bord de l’eau, il gagna de nouveau le grand salon, récupéra sa veste de laine, son petit pantalon, son gilet aux boutons dorés, dont il était extrêmement fier puisque leur père le lui avait remis à son trente-troisième anniversaire, et gagna assez nerveusement la chambre de son frère.

« Boronda ! Debout ! C’est l’heure ! » Hurla soudainement Forond dans toute la bâtisse, sans se souvenir qu’il risquait de réveiller par la même sa tendre épouse dont l’humeur était encore plus détestable au matin, qu’il ne l’était déjà lui-même, à ce que lui faisait remarquer sans arrêt son jeune frère ainsi que sa belle sœur.

« Allez ! Feignant, lève-toi ! T’as pas vu ce beau temps ? » Dit-il en ouvrant largement la porte de la chambre du couple, laissant ainsi s’infiltrer très largement la lumière provenant des grandes fenêtres de la cuisine et en gagnant rapidement celle unique de la pièce. « Tu vas venir à la pêche avec moi ! Non ? »

Mais Boronda n’avait jamais supporté son frère au réveil depuis déjà tout petit, ainsi que son air à toujours vouloir toujours tout dominer, tout décider et obliger l’ensemble de sa fratrie à le suivre dans ses travaux. Il l’avait d’ailleurs expressément invité dix auparavant, dès qu’il avait « enfin » atteint sa majorité, (avait dit Forond) à venir le rejoindre dans le nord pour l’aider à l’exploitation de la ferme, et lorsque celui-ci avait ne serait-ce qu’évoqué sa volonté de refus, suite à un harcèlement d’au moins deux longues années, Forond le lui avait rigoureusement reproché et avait injurié son frère, le traitant de tous les noms, souhaitant le priver de tout droit à l’héritage paternel ; mais Boronda, cette fois-ci n’en avait eu rien à faire, et s’en était allé sans même adresser ne serait-ce qu’un regard ou une parole à son aîné.

Ils s’étaient tant bien que mal réconciliés et c’était grâce aux talents inopinés et merveilleux de leurs deux épouses qu’ils avaient finalement fait la Paix au point de se fréquenter dix fois plus, au moins, qu’avec leurs autres frères et sœurs ; et chaque année Forond avait pris la décison et l’habitude systématique de rendre visite à son petit-frère dans leur maison des marais et à chaque fois qu’ils se retrouvaient dans les tourbières, il était devenu coutume d’organiser une longue et interminable journée de pêche. Et la plupart du temps, c’était bien évidemment Forond qui s’en occupait.

Cependant, à ce moment là précis de cette belle matinée d’hiver, Boronda dormait à poings fermés, et lorsque la lumière pénétra du dehors, à la manière de Crispa, il se retourna vivement, s’engouffra dans les couvertures et se replongea dans son sommeil, fait uniquement de tartes, de gâteaux et de confiseries.

« Tu ne vas tout de même pas rester là toute la journée à t’empiffrer ! » Scanda Forond, en ouvrant les volets verts qui obstruaient complètement la clarté extérieure. « Bien qu’il est bien de mon avis que cette activité soit beaucoup plus qu’appréciable en tout temps, et plus spécialement les jours de pluie… » Dit-il continuant son monologue. « … Mais, vois-tu, aujourd’hui, j’ai envie d’aller à la pêche ! J’ai d’ailleurs envie d’y aller depuis trois jours, mais à cause de ce temps pourri que l’on se coltine depuis notre arrivée ! Impossible ! Alors puisqu’il ne nous reste plus que quatre jours avant de retourner dans les prairies du nord, où m’attend mon bétail et surtout mes pommiers, je… » dit-il en se tournant alors vers le lit de son frère. Boronda s’était de nouveau assoupi. La lumière du matin ne le dérangeait jamais pour dormir ce qu’appréciait d’ailleurs très largement Rosila qui pouvait le laisser dormir tout en faisant le ménage dans la maison.

Boronda était d’un tempérament toujours très calme, mesuré et peu pressé, appréciant les longues matinées ensoleillées passés sur les berges de l’eau à contempler les alentours, mais Forond avait toujours été très différent. Plus vif, mais à la fois plus autoritaire du fait de son rang d’aîné, mais aussi un joyeux rigoleur et un hobbit expansif dans ses manières et son caractère. Il possédait une petite exploitation de l’autre côté des marais, qu’ils pouvaient passer dans leur charrette à un gué plus au nord. Forond possédait une petite charrette très cossue recouverte de coussins, et dans laquelle sa chère épouse passait le plus clair de son temps allongée, dormant de tout son long sans s’arrêter.

Flora était son papillon d’été, sa marjolaine du printemps, sa princesse des vallées. C’était une jeune hobbite très fluette, portant de très longues robes couleur pâquerettes, avec des soleils brodés dessus, joueuse et rigoleuse, au aussi mauvais caractère que son mari ! Autoritaire et sévère au point de faire peur même à Forond, ce qui était d’ordinaire extrêmement difficile. Cependant, elle était atteinte, heureusement et malheureusement pour lui d’un syndrome de somnolence permanente, ce qui fait qu’on la prenait chaque instant au réveil, même en plein milieu de la journée la plus longue de l’année. Et vu son caractère détestable au lever, selon Forond, Boronda ainsi que l’ensemble des personnes la côtoyant ! Il lui était explicitement très difficile de la supporter et de vivre avec.

Cependant il l’aimait.

Un bruit sourd et régulier d’un organe respiratoire commença alors à s’entendre en provenance des oreillers.

« Debout Baronda ! Réveilles-toi ! Je veux pêcher ! Arrêtes de ronfler ! Tu ne vas pas t’y mettre toi aussi quand-même ! » Dit alors Forond prit d’une brusque colère. Mais les couvertures ne bougèrent pas d’un poil.
Forond commença alors à tirer un angle de celles-ci afin de faire réagir le dormeur, mais sa tentative fut couronné du même succès infructueux que la précédente.

« Rosila ! » Appela alors Forond.

« Oui ! » Répondit alors la jeune hobbite, entrant dans la pièce avec un second plateau de choux à la crème à moitié vide à la main.

« Tu peux me réveiller ce paresseux ? C’est que je voudrais aller à la pêche, et avec lui ! Parce que sinon, c’est pas une Partie de pêche. Il est encore à s’évader dans quelque endroit imaginaire on ne sait où et à rêver à des à choses dont une personne sensée n’à que faire. Réveilles-le. »

« Oh ! Tu sais ! » Répondit Rosila. « Je ne crois pas en être capable ! Il est aussi difficile de le réveiller que de t’éloigner de gâteaux à l’anis, et Dieu sait que tu les aime. »

« Soit ! » Reprit Boronda. « Mais nous devons tout de même partir à la pêche. Essayons autre chose ! … Quoi donc ?… Ah ! La Gourmandise peut-être ?… Voyons cela. »

Forond s’en alla alors prestement dans la cuisine d’où il rapporta la succulente tarte aux mûres que Rosila avait préparé pour son frère. Mais même l’odeur délicieuse et sucrée de la pâtisserie ne réussit à sortir Boronda de ses rêves enchantés.
« Quoi donc alors ! » Dit-il devenant de plus en plus énervé de ses échecs successifs.

Puis soudain, une idée lui vint. Sortant précipitamment à l’extérieur il gagna le puit et en sortit un plein seau d’eau froide et glacée en provenance des différents cours d’eau qui envahissaient la région. Il revint en vitesse, mais avec le plus de délicatesse possible pour éviter à tout pris de réveiller son épouse. Les bruits sourds et horriblement forts qui s’échappaient auparavant du sofa s’étaient maintenant arrêtés, et de longues et sourdes respirations les avaient dorénavant remplacées.

Forond connaissait ce moment. C’était le moment où Flora, sa belle étoile blanche, quittait son sommeil profond et gagnait le sommeil préparatoire au réveil. C’était toujours un moment d’une extrême délicatesse, car le moindre sursaut la réveillerait en hurlant et mettrait ainsi toute la maisonnée sous son insupportable humeur.

Forond se rendit ainsi à pas de loups dans la chambre de son frère et là, pour le réveiller d’un coup sec, il l’aspergea d’un grand seau sur tout le corps.

« Ah ! Que c’est Froid ! Mon Dieu ! C’est Froid ! Ah ! Qu’est-ce qui se passe ! Rosila ! C’est Froid ! Rosila ! Où est-tu ! C’est Froid ! Rosila… » Cria d’un coup Boronda réveillé en sursaut par le grand jet d’eau lancé sur lui par son frère.

Mais à peine, ce cri fut-il poussé qu’un autre plus terrifiant encore répondit en écho :

« Forond ! Qu’est-ce que c’est ! » Hurla de rage la jeune et doucette Flora.
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